Test de Okami sur Nintendo Wii

Okami est aujourd’hui célèbre pour principalement deux raisons : avoir réussi son pari esthétique, et s’être vautré en termes de chiffre de vente, au point de provoquer la banqueroute de son studio : Clover. Un comble, tout de même, qu’un jeu aussi inspiré et à l’esprit « grand public » ne trouve pas des acheteurs sur le parc installé de la Playstation 2 ! C’est ce qu’à dû penser son éditeur, Capcom, qui place tous ses espoirs dans ce portage de la PS2 à la Wii. Une lourde tâche pour le studio Ready At Down, un brin flemmard : la version Wii d'Okami est identique à celle disponible un an auparavant sur PS2. Pas de bonus selon Didier Malenfant, PDG du studio Ready At Down : « Les fans pourraient nous envoyer des menaces de mort si nous avions tenté de modifier l'univers d'Okami ». Mais bien sûr : « Le travail, c’est la santé, rien faire c’est la conserver ». Heureusement, Ready At Down a tiré parti de la Wiimote, la maniabilité singulière d’Okami semblait faite pour correspondre à celle-ci. Okami s’est-il mieux vendu sur Wii ? Pas vraiment, c’est encore une fois un échec commercial. Mais parvient-il à détrôner le majestueux Zelda : Twilight Princess ?

En avant les histoires !

Okami - Nintendo WiiUn loup, qui n’est en réalité qu’une apparence passagère empruntée par le héros, cela ne vous rappelle rien ? Amaterasu est la déesse du soleil qui a pris l’enveloppe charnelle d’une louve pour accomplir sa mission terrestre, tandis que Link se transforme en loup sous l’effet du monde du Crépuscule. Dans les deux jeux, votre mission principale consiste à redonner vie à des zones maudites. Les lieux sont tout d’abord sous l’emprise partielle du mal, vous empêchant d'avancer : à vous de trouver comment rétablir la lumière. Les compagnons de route rapprochent également les deux univers, dans la mesure où Issun ressemble à s'y méprendre à Navi, la fée blanche d'Ocarina of Time. Difficile de dire qui a eut l'idée du loup et de la narration en premier. En tous les cas, Okami est sorti le 20 avril 2006 au Japon, et Zelda TP le 2 décembre 2006. Avantage pour Okami, même si ce dernier a subi l’influence évidente du souffle épique d’Ocarina of Time, et celle de The Wind Waker pour une part de son dénouement.

Une estampe japonaise

Okami - Nintendo WiiD'un point de vue esthétique, il serait malvenu de trancher car Okami emprunte la technique du Cell-shading à The Wind Waker, tandis que Zelda TP est basé sur de la bonne vieille 3D. Seulement, Okami arrive à contourner les limites techniques de son support de départ, la PS2, tout en proposant une identité visuelle forte et mémorable. Le charme des décors donne l'impression d'évoluer dans de véritables estampes en mouvement. Jamais Zelda TP ne parvient à sublimer les capacités du hardware Gamecube sur Wii, malgré l’option Widescreen et 480p. Zelda TP déçoit par la banalité de son moteur graphique déjà dépassé. Avantage à Okami, pour sa fraîcheur (l'univers médiéval japonais), son audace (le Cell-shading) et sa cohérence stylistique (le joueur interagit avec le décor grâce à un pinceau magique).

La Rumba du Pinceau

Okami - Nintendo WiiConcernant la maniabilité, Zelda TP explose Okami sans hésitation. On s'en serait douté : on voit mal un éditeur tiers faire mieux que le propre constructeur de la console ! Même sans aller jusque là, où est passé le plaisir de peindre et de se battre dans Okami ? Appuyer sur B déclenche le mode « Dessinez, c'est gagné » : l’action se fige, et la Wiimote sert de pinceau pour modifier un élément du décor ou bien combattre un ennemi. Les possibilités sont multiples, le pinceau servant autant à créer : tracer un cercle dans le ciel étoilé fait apparaître le soleil, dessiner un pont absent du décor le concrétise ; qu'à détruire : trancher les ennemis et les boss à coups de moulinets du poignet. Si on rêvait de cette faculté de peindre sur PS2, on est un peu déçu Wiimote en main. Il arrive fréquemment de réaliser le geste escompté, mais que cela donne de grosses bouses d'encre. Le pointeur de la Wiimote étant d’une précision absolue, il semblerait que ce soit plutôt la vitesse employée qui occasionne des bouses. Je n’ose imaginer un Okami 2 compatible Wii Motion Plus. Ce serait la perfection. Revenons sur terre : avantage indéniable à Zelda TP, car les combats d’Okami se révèlent aussi pénibles que brouillons (joie d'utiliser le fouet à la Wiimote, mais calvaire pour sortir un seul combo à l'épée).

IGN était de la jaquette et Capcom marchait à voile et à vapeur

Okami - Nintendo WiiCapcom à multiplié les bourdes invraisemblables avec Okami sur Wii. D’une part, l'éditeur a eut l'incroyable fainéantise de ne pas créer lui-même la jaquette du jeu : après avoir cherché des images sur Internet, il a juste récupéré un artwork d’Okami sur le site de jeux-vidéo IGN. Capcom a bien évidement camouflé le logo du site américain, mais il apparaît quand même en surimpression (voir screenshot). La preuve que ce n’est pas une « bête coïncidence », c’est qu’à la découverte du pot aux roses par IGN, l'éditeur s'est immédiatement engagé à remplacer la jaquette IGN par une autre, où le logo est cette fois effacé. D’autre part, Capcom a touché au contenu original d’Okami, ce qui est déjà plus accablant que de la simple flemme. Suite à la fermeture du studio Clover en mars 2007, l'éditeur a perdu tous ses droits quant à l'utilisation commerciale de la marque et du logo Clover. Ce fameux logo apparaissant en toute fin du générique sur PS2, Capcom ne pouvait pas le laisser tel quel sur Wii. Or durant le développement, Ready At Down prétend n’avoir bizarrement pas pu accéder à la source du générique. L'éditeur ne s'est alors pas gêné pour amputer le générique et supprimer les noms de toute l'équipe de développement du jeu sur PS2. Hideki Kamiya, producteur de la version originale d'Okami, est légitimement écœuré : « A cause de Capcom, les joueurs qui découvriront Okami sur Wii n'auront donc pas droit à l'intégralité de l'expérience de jeu que nous avions créée". 17/20 pour Zelda TP (voir Test) achève Okami. La note finale de 15/20 représente une note sanction pour un jeu de cette envergure. Si Capcom avait redonné sa chance à Clover et réussi son plan marketing, le jeu aurait mérité 4 points de plus et peut être rencontré le succès.

Platon21 le 28/4/2009

Evaluation du jeu

Graphismes19/20

Ready At Down a fait un copié-collé de la version PS2. Plus on avance, plus on est émerveillé par l'esthétique. Un grand bravo à Clover ! Longue vie ! Heu... Oups !

Son14/20

La bande-son est bien sûr envoutante, mais un chouilla moins magistrale que les thèmes de Zelda TP. Par contre, les dialogues sont longs et horripilants, avec leur charabia style Sims. On en viendrait presque à les zapper, et du coup passer à côté de l’humour des situations.

Durée de vie17/20

Une trentaine d'heures pour les plus pressés. Mais ce serait sans compter les 100 perles errantes et autres bonus en tous genres qui font la joie des plus persévérants.

Jouabilité12/20

Originale, c'est le mot qui résume le mieux la jouabilité d'Okami. Par contre, Ready At Down a failli rater le passage à la Wiimote. Carton jaune !

Scénario15/20

Okami aborde la plupart des légendes japonaises, ce qui n'est pas rien ! Dieu-loup contre démon aux huit têtes, en avant les histoires !

Verdict

+ Un chef d'oeuvre
esthétique
+ L'ambiance réussie qui
mêle variété des
situations et humour
+ Une durée de vie
conséquente

- Une version Wii qui
n'apporte aucune
nouveauté niveau
contenu
- Les imprécisions de la
maniabilité
- Le plan marketing désatreux
de Capcom = pas de Okami 2

Très Bon

15/20

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