Test de The Legend of Zelda : Skyward Sword sur Nintendo Wii

Il fut un temps où Nintendo était synonyme de prouesse technique. Il fut un temps où les consoles Nintendo faisaient l'unanimité grâce à des graphismes encore jamais vu auparavant. Et puis il y eut la Wii. Pour une fois dans l'histoire de Nintendo, leur console de salon sera la moins puissante du marché, et de loin, car la firme de Kyoto aura tout misé sur un gameplay révolutionnaire au lieu de tenter le passage à la HD.

A cette époque (disons avant la Gamecube), la sortie d'un Zelda mettait tout le monde d'accord, mais les choses ont changé. Aujourd'hui, mettre une note à Zelda Skyward Sword, c'est un peu comme faire le bilan de ce qu'a été la Wii, une console hors du temps, qui a su prendre une génération d'avance grâce à la Wiimote (Kinect et PS Move ne sont arrivés que très longtemps après), tout en restant dans la génération précédente pour ses capacités graphiques et sa résolution, qui commence à vraiment piquer les yeux sur grand écran HD.

Sur une console hors du temps, un héros voyage entre les ages. Link, est de retour, et il fera à coup sûr parler de lui. En bien ou en mal...

Le héros est de retour

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiZelda Skyward Sword est un jeu à part dans la série, et cela se voit dés le début. A travers une intro plutôt longuette (les textes défilent lentement et sont présents en abondance), on remarque que le scenario prend une tournure encore inédite dans un Zelda, le faisant ressembler à un manga. Je serais peut-être le seul testeur à parler de ça (ou pas, je ne peux pas savoir ce que tout le monde écrit après tout), mais j'avoue avoir été agréablement surpris en voyant que tous les codes scénaristiques du shonen (manga pour jeunes garçons) sont présents : Link et Zelda sont tous deux élèves d'un académie, ils sont amis d'enfance, Link possède dés le début une particularité que les autres ados n'ont pas (un oiseau rouge, une espèce logiquement éteinte), puis plus tard il possédera l'épée divine, et ainsi de suite. Il y a même la présence d'un rival, Hergo, un lourdaud pas très honnête qui essaie de s'attirer les faveurs de Zelda tout en rabaissant le héros.

Vous allez me dire, tous les Zelda sont un peu dans cette veine là, mais Skyward Sword change quelque peu la donne. En général, Link se voit toujours affublé d'une amie d'enfance ou d'une sœur, parfois même d'un rival (Mido dans Ocarina of Time), mais ce sont la plupart du temps des faire-valoir, ces personnages ont généralement un tout petit rôle à jouer par la suite, et on finirait même par les oublier au profit d'une quête épique qui amènera le héros à sauver le monde. Dans Skyward Sword, l'amie d'enfance se trouve être Zelda, et elle n'est en rien une princesse, juste la fille du directeur d'académie.

L'histoire se situe dans le ciel, à Celesbourg, un village qui flotte au-dessus des nuages. Les habitants de Celesboug sont même persuadés qu'il n'y a rien sous les nuages, et de toute façon ils ne peuvent pas percer cette barrière naturelle. Durant l'intro du jeu, on rencontre donc Zelda ainsi que tous les habitants du bourg. On ressent d'ailleurs la volonté des développeurs de vous faire tourner en rond en parlant à tout le monde. Jusque là, rien de plus classique, à ceci près que Zelda apparaît pleine de vie, espiègle, et bien loin de son rôle habituel de princesse austère. Ce que je trouve réellement novateur dans le scenario de Skyward Sword, c'est que les personnages principaux de cette intro, Link Zelda et peut-être d'autres (évitons le spoil), feront partie intégrante de l'histoire, jusqu'à la fin. Cet aspect manga ne se cantonne plus à la simple introduction, mais revient ainsi tout au long de l'histoire, en marge de la grande aventure principale.

Cela rapproche plus le scenario de Skyward Sword d'un Wind Waker que d'un Twilight Princess. Le monde du jeu est coloré, drôle, et ne possède pas cet habillage « adulte » et un brin flippant de ce dernier.

En parlant de couleurs, que dire des graphismes ?

Monet Monet Monet

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiZelda Skyward Sword part avec deux handicaps concernant sa touche graphique, l'une étant due aux limitations technique de la Wii, et l'autre à la vision artistique de ses auteurs. De ce fait, il est très difficile de déterminer si Skyward Sword est beau, ou pas. Déjà, on peut dire que le rendu global du soft flirt avec Wind Waker, encore une fois pour renforcer son ambiance colorée et drôle. Cette touche artistique va même plus loin, car les développeurs ont trouvé le moyen de masquer les faible capacités de la Wii en donnant un effet de flou aux parties du décor trop éloignées, un véritable « flou artistique » dans le vrai sens du terme. Concrètement, le décor au loin est masqué par des sortes de gros pixels, qui donnent à l'arrière-plan le même effet qu'une peinture impressionniste. Il ne faut pas se leurrer, ceci c'est qu'une façon détourner de nous cacher le manque de puissance de la console, mais quand même...

Pour ma part (car on ne peut rester objectif face à un tel parti pris), je dirais que mettre à profit les défauts d'une console pour les rendre agréables est une chose bien plus honorable et ardue que d'essayer à tout prix d'utiliser toute la puissance dont elle est capable pour donner un effet réaliste. Ce que Miyamoto et son équipe ont réussi à faire avec Skyward Sword est réellement bluffant, car grâce à ce procédé le jeu tourne sans faire de lag, et semble irréprochable sur le plan des graphismes. Le problème, c'est qu'on ne peut pas vraiment critiquer une œuvre d'art sur sa beauté. Autant disserter sur la beauté d'un Picasso.

Ce que l'on peut dire, c'est que la basse résolution de la Wii ne fait pas honneur au jeu, le rendant plus pixelisé sur grand écran HD qu'il ne l'est en vérité. Mis à part ce défaut inhérent au support, certains petits détails font plaisir à voir. Les décors par exemple, qui foisonnent de vie, avec des oiseaux, des poissons, des insectes... bref, un vrai monde grouillant de bestioles, et pas seulement de vastes étendues vides comme trop souvent les jeux nous donnent à parcourir (autant chez la concurrence que dans les anciens Zelda d'ailleurs). D'ailleurs la plupart de ces bestioles vous serviront dans votre quête, puisque l'on peut capturer les insectes pour améliorer ses potions ou même les vendre directement à une certaine personne habitant dans le bourg.

Mais vous ai-je déjà parler du système d'amélioration ?

Un petit baiser pour me porter chance ?

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiOutre le coté manga du jeu, renforcé par un scénario et des décors basé sur les personnages et non sur l'univers en général, Zelda Skyward Sword se démarque étrangement par une forte ambiance jeu de rôle. Vous allez me dire, normal pour un rpg de faire dans le « jeu de rôle », mais là où je veux en venir, c'est que le gameplay de Skyward Sword complexifie la recette Zelda et la rend plus immersive.

Le point le plus flagrant, c'est que désormais vous aurez droit à deux sacs d'inventaire, un pour les accessoires principaux, et l'autre pour des objets du quotidien, comme les flacons ou les boucliers. Si le premier ne change pas (les objets se glissent à leur place au fur et à mesure que vous les obtenez), ce second inventaire en revanche est à votre entière disposition. Rien ne vous empêche par exemple de vous trimballer avec 2 boucliers dans votre sac, juste au cas où l'un des deux se casserait. C'est en effet l'une des particularité de ce nouveau Zelda : le bouclier possède sa propre jauge de durabilité. Si en combat vous vous protégez (en secouant le nunchuk), à moins d'avoir un timing parfait pour une contre-attaque, votre bouclier subira des dommages. Il faudra alors aller le faire réparer chez le ferrailleur. Ce n'est pas tout, si vous porter votre bouclier dans le dos, il peut aussi se faire bruler s'il est en bois (un grand classique dans la série), ou subir des dommages s'il se prend des projectiles, et encore plus si vous vous faites électrocuter et que votre bouclier est en fer.

En dehors de Celesbourg, vous ne pourrez réparer votre bouclier que si vous avez acheté une potion, ce qui vous prendra un flacon vide et une place dans votre second inventaire, autant vous dire que vous ferez très attention à ne pas trop l'utiliser en combat. Heureusement le ferrailleur peut aussi améliorer le bouclier, pour cela il faudra collecter un certains nombre de matériaux à travers les différentes région du monde. Ces matériaux serviront à améliorer tout un tas d'équipement dans le même genre, par exemple votre arc, votre lance-pierre, et ainsi de suite.

Le fait de devoir collecter ses matériaux renforce encore plus cet aspect jeu de rôle, et il est loin d'être secondaire. Prenez par exemple le lance-pierre, au début vous pensez qu'il ne servira pas à grand chose, un peu comme dans Twilight Princess où l'arc prenait vite sa place, mais amélioré il est capable de lancer un nuage de graines, très pratique pour se débarrasser de chauve-souris encombrantes.

En plus de l'amélioration d'objets, le vendeur de potions de Celesbourg vous permettra aussi d'améliorer ses propres potions. Ce dernières ont par ailleurs changer d'effet : la rouge permet toujours de se soigner, mais la verte servira désormais pour améliorer votre endurance, et la bleue votre jauge d'oxygène sous l'eau. Il existe par ailleurs de nouvelles potions. Contre quelques insectes récupérés grâce au filet à papillon (un objet qui rappellera des choses aux fans de A Link to the Past), vos potions peuvent avoir un effet renforcé, et même servir plusieurs fois au lieu d'une.

Pour en revenir au second inventaire, ce dernier pourra être augmenté de plusieurs sacoches, pour pouvoir porter encore plus de choses, et le reste sera consigné à la remise qui se trouve sur la place du marché à Celesbourg. Cet endroit est d'ailleurs le point central de vos emplettes, puisqu'il réuni le marchand d'armes (pour les objets de bases), le ferrailleur (réparations et améliorations), le marchand de potions, la consigne (là où vous ranger les objets secondaires que vous ne voulez pas prendre avec vous), ainsi que le diseur de bonne aventure et la taverne, deux endroits où il est bon d'aller de temps en temps pour entendre des potins et recevoir des indications sur votre périple. Il y a même un petit magasin flottant tout autour de la place, dont le vendeur est pour le coup une grosse référence à Wind Waker.

Lorsque l'on voit à quel point cette place du marché est vivante, et indispensable à votre quête, on se rend compte à quel point Skyward Sword se démarque des autres Zelda. Vous n'êtes plus vraiment le héros solitaire un peu rejeté par tout le monde, mais plutôt un apprenti chevalier (c'est le titre officiel de Link dans le jeu) utile à sa communauté et complétement intégré dans la société.

D'ailleurs il vaut mieux ne pas se la jouer solitaire tant le jeu est dur...

Super Zelda 64

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiQuand on joue à Zelda Skyward Sword, on est de suite surpris par sa difficulté, et cela à tous les niveaux. Le plus frappant, ce sont les combats, car dans Skyward Sword, si vous vous contentez de balancer la Wiimote dans tous les sens, vous n'irez pas bien loin. Le Wii Motion Plus est un outil qui change nos habitudes prises avec le pointeur infrarouge de la Wiimote, et sur ce point je ne serais pas étonné si la première réaction de tout joueur commençant nouvelle partie était « bah dis donc ça marche pas leur truc », parce que ce fut la mienne également.

Skyward Sword a la particularité de n'utiliser que le Motion Plus, et de ne pas se servir du pointeur, pas même pour viser. De ce fait, vous pouvez pointer votre Wiimote en l'air pour tirer à l'arc, sans avoir à pointer l'écran. Ce qui choque au début, c'est que lorsque vous avez un pointeur à l'écran, celui-ci aussi est géré par le Motion Plus, et il a un petit temps de latence, contrairement à l'infrarouge qui offre une réaction immédiate.

Une fois passé ce petit désagrément, on remarque que chaque mouvement de Link est devenu plus réaliste. Suivant l'orientation de votre main, votre épée part dans la bonne direction, et vous devrez frapper avec le bon angle pour passer la garde de l'adversaire. Ce système de combat pourra paraître lourd à certains, surtout sur la longueur, en effet il faut énormément de concentration et de bons réflexes pour tuer ne serait-ce qu'une plante carnivore. Le truc bien, c'est que la plupart du temps vous pourrez soit éviter les combats trop ennuyeux, soit tricher en utilisant quelques astuces (par exemple les squelettes perdent leur bras pendant quelques secondes si on leur balance une bombe à la tête). Celles et ceux qui ont déjà testé Zelda II : The Adventure of Link seront ravis (ou pas) d'apprendre que Skyward Sword fonctionne à peu près de la même façon, à savoir que chaque ennemis sachant manier une épée est potentiellement dangereux, et qu'il faudra prendre le temps de se battre avec lui en duel. Il arrive cependant que des ennemis plus simples à abattre débarquent en nombre, histoire de corser un peu la chose. Heureusement, Link sait encore faire son attaque tournoyante (en secouant Nunchuk + Wiimote à l'horizontale ou à la verticale), et il peut même les enchainer à présent, en consommant sa jauge d'énergie.

Et oui, en plus des cœurs habituels et de la barre de durabilité du bouclier, une jauge verte apparait lorsque Link fait une attaque ou une action éprouvante, comme par exemple piquer un sprint ou grimper sur un mur. Si cette jauge (qui ressemble étrangement à la jauge de vie dans Super Mario 64) se vide, Link se stoppe net et prend le temps de reprendre son souffle, le pauvre. Cette jauge devient bleue et se vide progressivement lorsque Link est sous l'eau également (comme dans Mario 64 justement). Voilà pourquoi vous pouvez enchainer plusieurs fois l'attaque tournoyante, mais sans trop en abuser non plus, au risque de vous retrouver sans défense face à l'ennemi.

Ce système d'endurance, allié à un système de combat vraiment révolutionnaire, amènent une véritable immersion dans le jeu. Les niveaux misent d'ailleurs plus sur l'action non-stop que sur la traversée de vastes étendue comme dans les épisodes précédents, et ce n'est pas pour rien, car le gros point fort du jeu se trouve dans sa maniabilité.

Conte de Fay

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiZelda Skyward Sword est-il difficile d'accès ? La question est extrêmement difficile à poser. De prime abord, le jeu semble vous assister en tous points. Déjà il y a la présence de « Fay », la fée à la voix cybernétique et au visage inexpressif qui vous sert de guide. Cette dernière fait encore mieux (ou pire ?) que Navi en vous bombardant de petits commentaires du style « il y a 90% de chance que cette clé ouvre une porte fermée » (tu m'étonnes !), et vous donne encore plus d'infos que toutes les fées dont Link a pu être affublé précédemment. Cela dit, Fay (ou Fi en version américaine, sûrement prononcé « faille » pour renforcer son coté intelligence artificielle) est l'une des accompagnatrices les plus inutiles de la série. Ces conseils sont en effet tellement évasifs et imprécis que la plupart du temps ils ne nous servent à rien. Il faut mourir contre un ennemis pour débloquer de nouvelles infos, qui pour le coup nous aideront réellement à vaincre l'adversaire. Fay est donc une alliée dont on se passerait, même s'il est parfois amusant de la consulter. Elle peut en effet donner un tas d'infos, comme des « rumeurs » sur le monde, ou le lieu de votre prochaine quête si vous l'avez oublié, ou bien encore votre temps de jeu total et celui de la session en cours.

Cela dit elle a aussi son petit rôle à jouer dans l'histoire, et on fini par avoir de la sympathie envers cette pauvre créature pourtant dépourvue de sentiments.

En plus de Fay, le joueur dispose de la pierre Sheikah, déjà présente dans Zelda Ocarina of Time 3D. Celle-là en revanche est bien plus précise, même un peu trop. Si vous êtes vraiment perdu, vous pouvez être surs de trouver une vidéo du « futur », qui vous spoilera complétement la résolution de l'énigme sur laquelle vous bloquez. La pierre Sheikah se trouve sur Celesbourg cependant, elle vous obligera donc à sortir de votre donjon pour la consulter. Après ça, si vraiment vous êtes toujours paumés, il y a encore le diseur de bonne aventure, classique, et les pierres à potins dissimulées à travers le monde, qui vous donnent des indications sur les trésors cachés un peu partout. Libre à vous d'utiliser (ou non) toutes ces aides.

Petite précision qui a son importance, le Game Over dans Skyward Sword ne vous ramène pas à la dernière sauvegarde, mais au dernier checkpoint. Cela représente deux défauts assez gênants : d'abord n'importe qui peut finir jeu avec le minimum d'équipement, se contentant de recommencer plusieurs fois les combats les plus difficiles sans avoir à utiliser de potions supplémentaires ou autre petites aides de jeu qui fourmillent dans Skyward Sword. Deuxièmement, la personne qui voudra jouer le jeu à fond et se barder de potions, de bouclier adapté à la situation, ou autres, s'en verra frustrée, parce qu'en revenant au checkpoint ses objets consommés ou cassés ne reviendront pas. Pour plus d'immersion, il vaut mieux selon moi sauvegarder le plus possible et dire « quitter » au lieu de « continuer » lorsque le Game Over arrive, au risque de tout perdre et rendre le jeu un peu trop ennuyeux.

Super Zelda Galaxy

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiCe qui caractérise un Zelda, et ce qui rend cette série si particulière, c'est surtout le fait qu'elle mélange action et énigmes. Si vous regardez les objets dont Link dispose, vous vous rendez compte qu'il s'agit pour la plupart d'accessoires utiles à tout autre choses qu'à se battre, contrairement à bons nombres de licences où le héros se voit affublé d'une bonne collection d'armes différentes histoire de bien bourrinner ses ennemis de milles manières. Dans un Zelda, votre seule arme est votre épée, encore que celle-ci peut servir aux énigmes, surtout dans Skyward Sword, avec certains puzzle utilisant le Wii Motion Plus.

Skyward Sword possède tout un tas de donjons regorgeant de bonnes idées, mais le plus étonnant, c'est qu'avant chaque donjon, la zone servant à y accéder est aussi une sorte de mini-donjon en plein air, avec objet à la clé. Skyward Sword est une sorte de Super Mario Galaxy dans lequel chaque zone du monde d'en bas représente un « niveau » de plus à explorer. Ce qui est troublant au début, c'est que l'on ramasse ainsi un tas de nouveaux objets à la suite, et que les « donjons » s'enchaînent coup sur coup sans nous laisser de répit. Le fait de nous donner autant d'objets d'un coup complexifie d'autant plus les énigmes, qui demanderont autant de réflexion que de talents, d'ailleurs les combats en eux-mêmes demandent de la réflexion, pour frapper dans la bonne direction.

La difficulté se fait également ressentir dans certains passages. Il m'est arrivé d'être bloqué à des endroits et de faire une action complétement insensée, et la plupart du temps cette action désespérée fonctionnait, me faisant dire « c'était comme ça qu'il fallait faire ? », tout en restant incrédule devant l'exploit qu'il m'avait semblé accomplir. A ces moments-là, j'avais même l'impression d'avoir utilisé une sorte de bug du jeu pour tricher, alors que visiblement les développeurs avaient totalement prévu que je fasse ça.

Si vous ne suivez pas les conseils digne de capitaine constatation émis par la fée de service, et ceux bien plus concrets de la pierre Sheikah dissimulée dans le village du héros, Skyward Sword vous paraitra vraiment difficile à certains endroits. Il semblerait que les développeurs se soient fait plaisir, se disant que de toute façon, si le joueur se retrouve coincé, il y a une véritable soluce intégrée au jeu.

Squadallah nous sommes partis !

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiParlons un peu des voyages en celestrier, ces fameux oiseaux bizarres avec lesquels les habitants de Celesbourg cohabitent. Chaque individu des îles célestes en possède un, un peu comme les ikrans dans le film Avatar. Le celestrier se conduit au Wii Motion Plus pour ce qui est de ses déplacements, et peut faire des petite accélérations avec le bouton A, un peu comme Epona et ses carottes. Sa particularité, c'est que pour monter dans le ciel et éventuellement prendre de la vitesse en fonçant en piqué, il faut littéralement battre des ailes, ou plutôt de la Wiimote.

Le ciel est composé d'une grosse île principale sur laquelle se trouve Celesbourg, de pleins de petites îles désertes, et de deux trois bâtiments de-ci de-là, comme par exemple la taverne sur l'île aux citrouilles. Toute l'aventure de Skyward Sword se basera sur des aller-retours entre Celesbourg et la terre ferme, où se trouve la quasi totalité des donjons. Si vous trouviez les voyages en bateau de Wind Waker vides de sens, attendez-vous à être encore plus déçus par ceux de Skyward Sword, car il y a très peu de gens à voir dans le ciel (en dehors du bourg), et les îles sont vraiment éloignées les unes des autres. Ce qui rattrape un peu ce manque d'intérêt, ce sont tous les coffres cachées dans ces fameuses toutes petites îles désertes. Les coffres sont de base scellés, mais vous pourrez les déverrouiller en trouvant des « cubes de la déesse » dissimulés sur la terre ferme. Une fois que vous frappez le cube avec une attaque concentrée de votre épée, le coffre apparaît sur votre carte du ciel et vous pouvez enfin l'ouvrir.

Sachant que Skyward Sword regorge de petits objets qui vous améliorent le quotidien, cette quête des coffres est vraiment très intéressante si vous voulez survivre dans ce monde sans jamais déclencher un seul Game Over.

Lyrisme en cel-shading

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiLa musique est une part essentielle d'un jeu vidéo, surtout dans un rpg, et celle de Skyward Sword fait plaisir à entendre. Certes, sa composition est peut-être moins inspirée que la grandiose bande-son de Wind Waker (quoique cela reste un avis purement personnel), mais pour une fois elle possède un rendu orchestral, et non un simple MIDI comme dans Twilight Princess par exemple. Tant qu'on est à parler de musique, il faut bien avouer que l'instrument du jeu (une lyre), est assez pathétique. Les morceaux à la lyre manquent clairement d'inspiration et passeront inaperçus, d'autant plus que l'on se contente d'agiter la Wiimote de droite à gauche pour en jouer, sans pouvoir créer sa propre mélodie. La lyre sert à certains moments clés de l'aventure, mais aussi à trouver les pierres à potins et les mystérieux murs de la déesse (en dessinant l'objet de votre souhait sur le mur, ce dernier apparait comme par magie.

Ce sont les thèmes de combat contre les boss qui, à mon avis, manque un peu de consistance, tandis que les thèmes plus joyeux ou ceux accompagnant les passages sérieux (notamment le main theme de Fay, splendide), relève le niveau. Encore une fois, la qualité orchestrale de la musique aide à mieux apprécier. On ressent la volonté de Koji Kondo de nous plonger dans une aventure mélancolique, qui tranche avec le caractère joyeux des graphismes, et donne plus de consistance à ce monde qui ne s'appelle pas encore Hyrule.

Le challenge ultime

The Legend of Zelda : Skyward Sword - Nintendo WiiS'il fallait donner une impression générale à Zelda Skyward Sword, elle serait partagée entre ergonomie, révolution, et excellente durée de vie. L'ergonomie tout d'abord, car je n'en ait toujours pas parlé mais ce jeu est le premier de la série à avoir un inventaire complétement accessible sans passer par le menu « start ». Pour accéder à vos objets principaux, il suffit de laisser appuyer le bouton B (une seule touche fait sortir le dernier objet sélectionné) pour faire apparaitre tous les objets en cercle, comme dans Twilight Princess. Pour l'inventaire secondaire (celui qu'on rempli à sa façon) il s'agit de la même chose mais avec le bouton « - ». La lyre quant à elle se place sur le bouton flèche du haut de la Wiimote, à la manière de l'ocarina dans Ocarina of Time 3D.

Skyward Sword, c'est aussi une révolution dans le sens où son gameplay basé sur le motion control est parfaitement atypique dans un jeu du style « gamer ». C'est aussi une petite révolution dans la série Zelda, car le jeu brise de nombreux codes, dont je ne pourrais parler sans spoiler le jeu. On aimera ou pas, mais Skyward Sword prend un virage à 180° par rapport à Twilight Princess qui s'efforçait de recréer la magie d'Ocarina of Time en plus grand. Le monde, les décors, les objets, les peuples, rien ou presque n'est copié du premier Zelda de la N64, qui pourtant reste un mètre-étalon pour juger de la qualité des épisodes suivants. Nintendo réussit cependant le pari de faire du neuf, tout en plaçant une quantité invraisemblable de références à absolument tous les épisodes de la série (à part peut-être les épisode CD-i, dommage, j'aurais bien dévorer un octorok !)

Pour ce qui est de la durée de vie, celle de Skyward Sword est impressionnante. Premièrement, la quête principale vous oblige à découvrir le monde qui vous entour et à l'explorer dans ses moindres recoins. Petit bémol cela dit, on ne retrouve pas les lieux mythiques de la série, ou peu, et le jeu est formée de seulement trois grandes zones. Le fait de revenir dans des lieux déjà visités mais différents de la première fois pourra vous apparaître comme du remplissage servant simplement à grossir la durée de vie artificiellement, cela dit les quelques passages inédits distillés au fur et à mesure de la progression masque admirablement ce défaut.

En plus de la quête principale, Skyward Sword regorge de mini-jeux et de quêtes annexes. Chaque habitant des îles célestes peut potentiellement vous donner une petite quête à faire, et le fait de faire plaisir aux gens permet d'en réaliser une autre plus grande. En effet, à chaque fois qu'une petite quête est réalisée, elle vous permet de remporter des petits cristaux de bonheur. Ces cristaux se trouvent aussi sur Celesbourg si vous dormez dans un lit jusqu'à la nuit, un peu comme les Skultulas d'Ocarina of Time. Encore un code brisé dans Skyward Sword d'ailleurs, le cycle jour/nuit n'est plus. A la place vous pourrez simplement dormir dans un lit sur Celesbourg pour vous réveiller la nuit, et les décors sur la terre ferme ne seront que constamment ensoleillés.

Les plus assidus seront ravis d'apprendre qu'après la fin, le jeu nous propose de recommencer en mode « héroïque » (en écrasant au passage l'ancienne sauvegarde faites gaffe). Lors de cette seconde partie, vous ne pourrez plus droper de cœur à moins de posséder des médailles cœur. Ces dernières s'équipent dans votre second inventaire et, dans une partie normale, vous permettent d'obtenir plus de cœurs (ce qui n'est pas un luxe car ces derniers sont rares). D'autres médailles existent pour les rubis ou les matériaux par exemple. En plus de recevoir moins de cœurs, les ennemis vous infligeront deux fois plus de dégâts, et le mode boss rush (parce qu'il y en a bien un dans Skyward Sword) sera débloquer à 100 %, avec le boss final en prime.

Zelda Skyward Sword est un jeu étonnant, et pour le finir à 100% il vous faudra énormément de persévérance. De plus, sans trop en dire, sachez que l'histoire dévoile les véritables origines de la série, et qu'elle s'en sort très bien. On manque un peu de personnages « dark », hormis le taré de service, Ghirahim, mais l'univers reste cohérent et drôle à la fois bien que très candide, comme si le monde n'avait pas encore connu de grandes crises, ni les cataclysmes qui suivront dans les aventures futures de notre petit Hylien au bonnet vert.

Yah le 28/11/2011

Evaluation du jeu

Graphismes20/20

L'effet peinture impressionniste semble être là pour masquer les faibles capacités de la console, cela dit il est tout de même remarquable et vraiment très... impressionnant ! Blague à part, les lumières, les effets d'eau, et certains petits détails comme les toiles d'araignées dont on peut couper chaque fil séparément enfoncent la concurrence directe. Cela dit, le 20/20 ne tient que parce que nous sommes sur Wii, il ne faut pas oublier que la console en question ne peut pas faire plus que ce qu'une Gamecube aurait fait à son époque.

Son18/20

Zelda Skyward Sword ne reprend que très peu de thèmes à d'autres Zelda, et les nouvelles compositions sonnent étrangement très mélancoliques, donnant un style vraiment propre à cet épisode. On regrettera le manque de génie des thèmes de boss, mas le rendu orchestral de l'ost sauve agréablement la mise.

Durée de vie20/20

Au bas mot : 40 heures pour finir le jeu en essayant d'aller le plus vite possible. Comptez-en deux fois plus pour finir le jeu à 100%, et sûrement encore une quarantaine de plus pour le refaire en mode héroïque. Skyward Sword est un jeu tellement simple et sans prise de tête (passé les 30 premières minutes de blabla) que vous ne verrez pas le temps passer.

Jouabilité18/20

La jouabilité à la Wiimote force le joueur à s'investir à fond dans son rôle d'épéiste. Chaque objet dispose même d'un gameplay propre (comme par exemple les bombes que l'on peut lancer ou faire rouler). Le seul petit défaut qui n'en est pas un, c'est que le joueur doit s'investir pour s'adapter au gameplay du jeu.

Scénario19/20

L'histoire propose de nous raconter les origines de la série, le tout dans un monde candide mais assumé, avec énormément de personnages secondaires. On regrettera peut-être le manque de sentiments de Fay, même si la nouvelle coéquipière de Link ne manque pas de charisme. Zelda est quant à elle perçue comme une femme forte qui choisit elle-même sa destinée, mais cela ne m'étonne pas tant que cela au regard des épisodes précédents. Elle devient plus proche de Link en revanche, et ça c'est assez nouveau !

Verdict

+ Un Zelda qui
tranche avec
les autres
+ Une foule de
donjons

- Un monde
inconnu
- Un seul village

Excellent

19/20

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