Castlevania : la trilogie NES

Bienvenue à tous dans ce dossier qui n'en est pas un. Et oui, l'article que vous êtes actuellement en train de lire, bien qu'il porte l'appellation de "Dossier" s'apparentera vous le verrez d'avantage à un Triple Test. Pourquoi ne pas avoir opter pour la facilité, à savoir, trois tests retro séparés ? Et bien tout simplement car si le sublime Super Castlevania 4 est digne d'avoir un test à lui seul, la trilogie NES elle, bien qu'elle soit d'une qualité certaine, est d'avantage intéressante à étudier si l'on se concentre sur les ressemblances et différences inter-épisodes, mais vous comprendrez vite de quoi je parle.
J'en profite pour vous signalez également que la série des Castlevania, si elle sera ici étudier dans ses racines, est l'une des plus connues qui soit et son scénario s'étale sur déjà une vingtaine d'épisode (dont de nombreux sont paru sur consoles Nintendo (la trilogie NES, la trilogie GBA, les softs DS...). La série dans sa globalité pourra donc être sujet à un dossier bien plus conséquent que celui ci et je me ferais une joie de vous le "pondre". Si l'idée vous intéresse et que vous souhaitez en apprendre plus sur la série (surtout son histoire) faites m'en part.
Mais trêve d'apartés et plongeons comme promis dans les abysses du passé...

Castlevania

Castlevania : la trilogie NESCastlevania (alias Akumajô Dracula) est le titre fondateur de la série de Konami. Sorti en 1986 juste après Vampire Killer sur MSX (Vampire Killer était en quelque sorte le Castlevania Nes mais sans en avoir le nom) la même année, Castlevania se trouve être un jeu 8 bits de plate forme/aventure.

Malgré la puissance relativement maigrichonne de la console, ses graphismes auront marqué toute une génération de joueurs grâce à ses environnements travaillés et glauques mais aussi son bestiaire vampiresque, et ce n'est rien de le dire. Simon Belmont (vous), est le dernier descendant de l'illustre clan Belmont, une famille de vaillants guerriers ayant juré il y a bien longtemps de combattre les forces du mal et plus précisément Dracula aux travers des siècles. Cette famille se transmet de génération en génération un fouet magique imprégné du pouvoir de la lumière et seule arme apte à vaincre le Comte buveur d'hémoglobine : le Vampire Killer.

J'ai évoqué le terme "plate-forme", mais n'espérez pas vaincre les hordes de zombies et de loups garou en leur sautant sur le haut du crâne. Si l'une des deux touches sert effectivement à sauter vous n'en êtes pas moins équipé du fouet en question. Il s'agit de votre arme principale, dotée d'une allonge raisonnable et dont la puissance peut être augmentée (moyennant l'obtention d'un bonus ou deux sur la route) et d'un élément récurent à la série, ou du moins dans la série "Avant-Symphony of the Night" (l'épisode ayant introduit l'aspect RPG dans la série, mais c'est une autre histoire). Vous devrez atteindre et vaincre Dracula dans sa demeure en suivant un chemin linéaire composé d'un certain nombre de niveaux dont la fin sera toujours marquée par votre victoire sur un boss. Malgré les moyens de l'époque, le jeu parvient à accrocher l'attention du joueur de part la violence de ses batailles et ses possibilités de gameplay. Je parle bien-sûr des mythiques Sub-Weapons (ou Armes Secondaires) elles aussi couramment employées par les représentants du clan des chasseurs de vampire. Ces armes consomment des Hearts (coeurs) à chaque utilisation et vous ne pouvez en conserver qu'une seule sur vous à la fois. Leur utilité ne réside bien souvent pas dans leur puissance mais plutôt dans leur fonction tactique (le Poignard est lancé en ligne droite, la Hache dans les airs, l'Eau Benite au sol, etc). Un certain bonus (les "II" et les "III" vous autorisent même à utiliser deux (ou trois) fois votre arme secondaire d'affilé, de quoi pulvériser les créatures les plus infâmes du monde des ombres.

(Si vous lisez le test de Super Castlevania, vous constaterez que le gameplay, bien qu'amélioré, reprend toutes ces bonnes idées.)

En tant que premier épisode, Castlevania possède une aventure peut être moins aboutie que la plupart de ces successeurs mais le plaisir de l'aventure est déjà bien là. Un jeu à se procurer par curiosité, mais gare à la difficulté old-school du jeu qui se veut perverse au possible.

Interêt : 13/20

Castlevania II : Simon's Quest

Castlevania : la trilogie NESPour certains, Castlevania 2 est un peu la "blague" de la série, le mouton noir. Il est vrai que Castlevania II : Simon's Quest est ce que Zelda 2 : Link's Adventure est à The Legend of Zelda ou ce que Mario 2 est à Super Mario Bros... c'est à dire un OVNI, une tentative de réorientation (il ne faisait pas bon être un #2 à l'époque de la Nes dirait-on)

Suite à sa victoire sur le Comte Dracula, Simon est victime d'une malédiction, œuvre du vampire. Le dernier descendant du clan Belmont est condamné. Il découvre qu'il n'y a qu'un seul moyen pour mettre fin à cette malédiction : ressusciter Dracula, pour le terrasser à nouveau. Simon doit se lancer dans cette quête du dernier espoir avec pour but ironique de retrouver les cinq fragments du cadavres de son ennemi éternel.
Vous remarquerez tout de suite un effort scénariste remarquable pour l'époque, mais ce n'est pas le scénario qui fait de ce Castlevania un jeu "à part".

Si le jeu semble se jouer de manière identique (comprenez par là qu'on reprend le système du saut/fouet/sub-weapons) on se rend vite compte de l'absence de "stage". Vous évoluez dans un monde en scrolling 2D avec cette fois-ci une totale liberté, alternant des phases d'explorations en plaines hostiles, en donjons, mais aussi dans des villages où vous pourrez acquérir objets et informations nécessaires à l'accomplissement de votre quête. Sous ses airs de Zelda se cache donc un jeu toujours autant orienté action mais dans lequel les Sub-Weapons sont conservées dans un Inventaire consultable à tout moment et où les cœurs ne servent plus de munitions mais de monnaie (à la manière des Rubis). Faire les boutiques se révélera un passage obligatoire puisque, pour progresser dans le jeu, posséder un fouet bien upgradé ou la bonne sub-weapon peut vite faire la différence, sans parler des PNJ qui vous réclame un élément précis.

Ce gameplay propose de bonnes surprises et accentue l'aspect "jeu de rôle" et l'immersion du soft (c'est à vous de décider de ce que vous allez faire pour la suite, de l'endroit par lequel vous passerez, de quand vous irez explorer tel ou tel donjon). On a aussi de belles nouveautés concernant les Items comme l'apparition d'un Bouclier pour renvoyer les projectiles. C'est aussi le seul épisode de la série à fonctionner selon une alternance Jour/Nuit (la nuit les boutiques sont fermées et les ennemis sont plus résistants).

Malheureusement, certains points viennent obscurcirent le tableau : les passages du jour à la nuit sont signifiées par la looooongue ouverture d'une fenêtre de dialogue non-skipable et rébarbative, les boss sont très peu nombreux voir presque inexistants, le jeu est parfois difficile à s'en arracher les cheveux (certaines énigmes imposent réellement le recours à une solution) et depuis le premier épisode, Simon n'a toujours pas appris à nager (traduction : ne restez pas trop prêt des trous rempli d'eau...et des trous tout court en fait). Si vous ajoutez à cela que la perte de vos trois vies entraîne le retour à zéro de votre nombre de cœurs (la monnaie) vous contraignant à retourner "farmer" du monstre en plaine. Certaines mésaventures pourraient tellement vous frustrer qu'il vous serait presque impossible de revenir. Les trois pistes sonores du jeux pourraient aussi vite avoir raison de vos nerfs...

Un épisode OVNI donc mais peut être plus immersif et pleins de bonnes idées, mais non pas moins difficile. A réserver aux aventuriers dans l'âme !

Interêt : 13/20

Castlevania III : Dracula's Curse

Castlevania : la trilogie NESChangement de personnage pour cet épisode. Nous sommes en 1476 et cette fois-ci c'est Trevor Belmont qui s'y colle, lui aussi fier héritier de la famille légendaire. Dracula ayant refait surface, comme à chaque siècle, il faut qu'il parte à l'aventure mettre un terme rapide à son règne.

Graphiquement, c'est du Castlevania amélioré. On reprend la recette "stage+boss" ainsi que tout ce qui fait la puissance d'un Belmont : le fouet et les Sub-Weapons qui consomment des Hearts. Ce "retour aux sources" devrait vous rappeler Mario 3 et Zelda 3 (A Link to The Past) eux aussi des "retours aux sources" à la même période.
Si le gameplay reste globalement le même et que le jeu étoffe un petit peu plus le bestiaire, la principale nouveauté de cet épisode et de proposer à Trevor de choisir son itinéraire. Concrètement, en finissant le Stage 1, vous pourrez accéder au Stage 2A ou au Stage 2B ce qui nous amène à un total de 15 niveaux à explorer. Bien-sûr, ce système de "croisements" demande au joueur de refaire l'aventure plusieurs fois afin de découvrir tous les mystères du jeu. Prenez donc bien soin de noter avec précision les choix que vous faites afin d'être sur de ne rien manquer la prochaine fois !

Outre l'aspect immersif ainsi accru, ces croisements vous mèneront à la rencontre d'un compagnon qui ne sera pas le même selon l'itinéraire choisi. Une fois ce personnage recruté, il devient jouable et vous pourrez switcher entre lui et Trevor à tout moment par simple pression de "Select" ("-" sur Wiimote).
Chacun d'entre eux possède une attaque principale (l'équivalent du fouet de Trevor) et des attaques secondaires.

Grant est un pirate armé de dagues avec d'excellentes capacités de saut.
Sypha est une magicienne dont le bâton a une très courte portée mais qui possède des sortilèges élémentaux redoutables.
Alucard n'est autre que le fils de Dracula. Il peut lancer une ou plusieurs boules de feu et même se changer momentanément en chauve-souris afin de faciliter votre avancée.

Castlevania III est à mon sens peut être l'épisode le plus difficile de la série mais aussi l'un des plus passionnant notamment grâce à sa carte, son système d'itinéraire et ses quatre persos jouables. Un Must et certainement le meilleur épisode pour s'initier aux bases de la série à son époque 1980's.

Interêt : 15/20

Dimitri le 23/6/2010