La bible des pires bugs

A l’origine, un bug désigne une erreur, comme ces insectes qui n’avaient rien à faire dans les premiers modèles d’ordinateurs. Ils causaient de graves pannes informatiques en grillant joyeusement. Aujourd’hui, on appelle « bug » le défaut de conception d'un programme informatique. Or qu’est-ce qu’un jeu vidéo sinon un programme, et les premières consoles sinon des ordinateurs ? D’ailleurs, l’heure est au rapprochement console / PC pour ne faire qu’une seule plateforme multimédia. Un rêve confortable ou un monde de bugs ?

Le bug dans l’an 2000

La bible des pires bugsRien de tel qu’un exemple qui parle à tout le monde pour aborder le sujet des bugs. Souvenez-vous de l’angoisse qui serrait la gorge de la planète entière la veille de l’an 2000. Pourquoi ? Parce qu'il manquait aux ordinateurs les chiffres correspondant au siècle : les dates étaient codées sur deux chiffres pour des raisons de coûts de mémoire. Le passage de 1999 à 2000 a été retranscrit de 99 à 00, c'est-à-dire pour l'ordinateur à l'an 1900 ! La fin du monde était inévitable le 31 décembre 1999 à minuit… Sous la pression, les firmes ont du remplacer en masse leur matériel informatique, de sorte que la panne généralisée du système capitaliste a été évitée à temps.
La morale de l’histoire ? Trois, pour être complet.
La première, c'est que croire le domaine informatique irréprochable n'est pas rationnel. La perfection n’est pas de ce monde. Les PC et les programmes sont conçus par des hommes faillibles.
La deuxième, c'est que notre trop grande dépendance en l’informatique peut causer la fin du monde tel qu’on le connait.
La troisième, c'est que la peur fait vendre. Il n'y a pas de meilleur moyen que la coercition par manipulation pour changer un homme en mouton apeuré. Des lobbies qui essayent de vous refourguer leurs produits "indispensables" par le bais de campagnes d’intimidation, ça ne vous rappelle par la grippe A (H1N1) ?


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Le bug, vase communicant du PC aux consoles

La bible des pires bugsLe bug est universel. Nos consoles devenant de plus en plus complexes, elles sont touchées de plein fouet par des bugs en tous genres (« logiciel » : à corriger avec un patch disponible sur Internet ; « matériel » : nécessite un retour SAV pour remplacer la pièce défectueuse). Le dernier bug de la PS3 a fait du bruit. Les possesseurs de PS3 voulant se connecter sur le PSN (portail Internet de Sony) ont subi un bug mondial durant la nuit du 28 février. En effet, au moment de passer au 1er Mars 2010, l'horloge interne de la console se réinitialisa automatiquement au 1 janvier 2000 ! Explication : un mauvais calcul des années bissextiles entraina le blocage de tous les paramètres de sécurité par le processeur, qui ne comprenait pas l'accès à une date qui n'existe pas (le 29 février 2010). Les dysfonctionnements croulèrent, au point que certaines PS3 furent inutilisables jusqu'au 1er mars, date à laquelle l'horloge interne débloqua d'elle-même le système. Sony n’est pas le seul à avoir été la risée du monde entier, Microsoft a fait bien pire en commercialisant trop tôt la Xbox 360. En 2005, le modèle de processeur Xenon provoquait aléatoirement une simple surchauffe ou bien un plantage total de la console (« Red Ring of Death »). Pris sous les railleries, Microsoft change de processeur et passe en 2006 au Zephyr. Suivent les modèles Falcon en 2007, puis Jasper en 2008. Il aura fallu attendre 2009 (quatre ans après la sortie de la X360) pour que sorte un modèle de processeur fiable et performant, nommé Valhalla. Nintendo est-il exemplaire ? Presque. La Wii ne souffre que de rares bugs, la plupart du temps liés aux jeux en ligne (vite corrigés par une mise à jour appropriée). Je vois vos doigts pointés sur moi, et votre regard accusateur. Chauvin, moi ? Mais ce n’est pas moi qui le dit : la Wii est de loin la console la plus vendue, et celle qui provoque le moins de retour en SAV. Il faut dire que la Wii dispose d’une architecture bien moins sophistiquée que les consoles concurrentes, et que son modèle est archi-maitrisé (la GameCube date de 2001).


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Donkey Kong, Arcade, 1981.

La bible des pires bugsCommençons ce florilège des pires bugs par la première apparition de Mario en 1981. Cette vidéo montre l’affreux Donkey Kong retenant Peach prisonnière tout en haut d’un échafaudage. Que va faire Mario ? Pris d’une pulsion de mort, il préfère se suicider ! Il se jette dans le vide... Mais au lieu de perdre logiquement une vie et de repartir à zéro, la console croit que Mario a atteint la dernière plateforme. Il est alors temps pour Donkey Kong de remonter et de passer au niveau suivant. On ne savait pas Mario ni dépressif ni feignant à la fois.


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Sonic the Hedgehog, Megadrive, 1991.

La bible des pires bugsPlace au rival de Mario, où pas moins de cinq bugs sont répertoriés.
Premier niveau et premier bug, dû à la vitesse vertigineuse de Sonic. Trop rapide pour la puissance de calculs de la Megadrive, il se fait arrêter net dans sa course par un obstacle invisible. La console dit « stop ! », et c’est malheureusement le Game Over assuré.
Le second bug n’est pas mal non plus : Sonic arrive à la fin d’un niveau tellement vite qu’il franchit un mur (!) et tombe dans le vide. Là, la console Reboot toute seule.
Le troisième bug se déroule à un moment crucial. Si Sonic arrive à placer 9 coups au lieu des 8 prévus, le Dr. Robotnick (boss de fin) ne meurt pas. Au contraire, il est remonté à bloc, puisque qu'il faudra 255 coups pour en venir à bout. Un exploit impossible à réaliser à cause de la limite de temps imparti.
Les derniers bugs sont tout aussi spectaculaires : Sonic se suicide après avoir vaincu le Dr. Robotnick, ou bien traverse un mur et se perd dans les limbes du décor.
On sent le côté artisanal qui persistait encore à l’époque chez Sega.

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Street Fighter 2 : The World Warrior, Super NES, 1992.

La bible des pires bugsJe vous entends rire à la vue de cette vidéo du plus célèbre des jeux de baston. Et pourtant, mettez-vous à la place de Capcom. Le défi est colossal en 1992 : faire tenir un jeu d'arcade aux graphismes et à la bande-son dernière génération sur une petite cartouche de Super NES. Le talent des développeurs a été mis à rudes épreuves, pour le résultat final que l'on connait. Ce que l'on se souvient moins, c'est des bugs à répétition, du genre se retrouver bloqué dans une position absurde tandis que l'adversaire en profite pour faire un massacre. Hilarant !

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Ultimate Mortal Kombat 3, Super NES, 1995.

La bible des pires bugsJe n’ai pas choisi le troisième Mortal Kombat par hasard. Si Capcom a apporté les corrections nécessaires aux différentes suites de Street Fighter, ce n’est pas le cas de Midway. L’attrait de la série, les fameuses Fatality, sont au cœur de cette vidéo. C'est la preuve que les développeurs se fichent complètement des fans. Ils vont jusqu’à saborder leurs propres inventions ! Les bugs se comptent par dizaine, que dis-je par centaine : les personnages se bloquent, meurent à l’opposé de l’endroit prévu, se relèvent tout en étant encore morts… Cet épisode qui devait parachever la série avant son passage à la 3D est un ratage complet !

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Resident Evil 2, Nintendo 64, 2000.

La bible des pires bugsShinji Mikami nous a bien fait flipper avec son Resident Evil . Une démo de la suite qu'il a présenté a fait bondir les dirigeants de chez Capcom. Ils refusèrent tout net à cause de sa "trop grande ressemblance" avec le premier épisode. En fait, sa particularité consistait en la possibilité de tuer des enfants (devenus zombies). Resident Evil "1.5" s'inspire d'un film datant de 1978 : Zombie, de Georges Romero, où des enfants zombies très cruels sont abattus. Etrange que les maisons de production estiment que le public des jeux vidéo n'évolue pas aussi vite que celui du cinéma... Mais la véritable raison du développement infernal de Resident Evil 2, c'est le débauchage par Squaresoft des 3/4 de l'équipe de Shinji Mikami (Squaresoft a raflé tout le personnel expérimenté pour son Survival Horror, Parasite Eve). Du coup, Shinji Mikami a tout repris à zéro avec une nouvelle équipe. Mais les ennuis ne sont pas terminés... Une fois le jeu achevé sur PS1 en 1998, il a fallu l'adapter pour la N64. Le transfert est un cauchemar de 2 longues années pour Angel Studios. Les développeurs ont réussi à faire rentrer les deux disques originels de la PS1 dans une cartouche de 64 Mo. Non seulement la compression des données est quasiment indécelable, mais ils n'ont pas renoncés aux cinématiques ! C'est ce que l'on appelle un exploit. Après autant d'efforts déployés, le bug du dédoublement de Claire Redfield nous fait presque rire jaune. Ecoutez ce savoureux dialogue, de Claire à Claire.

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Metal Gear Solid, PC, 2000.

La bible des pires bugsSnake approche de la fin du jeu (niveau Underground Base). Après avoir utilisé la « Pal Key » dans la salle de contrôle, l'alarme se déclenche et du gaz envahit la pièce. Snake appelle son pote informaticien Otacon (fréquence 141.12) pour qu’il lui ouvre la porte. Tout va bien jusque là… sauf que la porte en question reste fermée ! Snake, bardé des dernières technologies, voit sa mission stoppée par une bête porte. Est-ce un sketch ? Hé non, Otacon dit à notre héros de foncer sauver le monde. Dans un jeu pourri, j’aurais eu un sourire narquois. Mais dans un chef d’œuvre… Voilà qui est fâcheux, surtout si près du but. Je rassure les fans : Hideo Kojima n’a pas participé à ce portage sur PC. On respire mieux ?

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Halo, Xbox, 2001.

La bible des pires bugsHalo représente une révolution : le genre FPS n’est pas que l’apanage du PC, une mannette peut très bien remplacer le sacro-saint couple clavier / souris. A sa sortie, le jeu surpassait de loin tous les autres sur le plan technique grâce à une production monstrueuse de la part de Microsoft. La firme croit dur comme fer en son bébé pour lancer sa première console. Si les ventes n’ont jamais vraiment décollées, Halo reste gravé dans la mémoire des gamers comme une expérience pointue (mode Multi-joueurs complet) et exigeante (le mode Légendaire). Ce travail colossal n’est pourtant pas parfait, comme nous le montre cette vidéo où des fous furieux tentent à tout prix de caser les véhicules du jeu dans des recoins impossibles. Très drôle, surtout que la gravité particulière du monde de Halo repose sur un prototype de moteur physique.


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Shenmue 2, Xbox, 2003.

La bible des pires bugsLe premier épisode comprenait un nombre de bugs importants. Est-ce que Sega est impardonnable pour autant ? Bien sûr que non, on ne saura jamais remercier assez Yu Suzuki (Sega-AM2 ) de nous avoir fait vivre dans le Japon des années 80. En 1999, cette reconstitution minutieuse et avant-gardiste d’une ville intégralement en 3D représentait des heures incalculables de travail, donc un nombre conséquent d’erreurs dues à la fatigue. Le suite, sortie en 2003, corrige un certain nombre de bugs et… en ajoute de nouveaux ! Pour preuve, cette vidéo dans laquelle Ryo Hazuki est en train de discuter avec un personnage sans tête. Sa mission : la retrouver ?

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GTA San Andreas, PS2, 2004.

La bible des pires bugsGTA est la série bugée par excellence. Depuis le passage à la 3D en 2001, le nombre de bugs est tout simplement inadmissible. Qu’il court dans San Andreas ou qu’il nage dans un lac, le héros est un passe-muraille qui traverse la plupart des murs et obstacles. A tous ceux qui accuse Rockstar de faire l'apologie de la violence, je leur conseille d’essayer GTA San Andreas pendant cinq minutes. Et je leur demanderai ensuite : comment avez-vous pu prendre au sérieux un tel jeu ? L’excuse de Rockstar ne vient pas de la vitesse supersonique du héros, mais bien de la taille gigantesque de l’aire de jeu (36 km²) dont il a fallu modéliser un à un chaque bâtiment. Une prouesse à l’époque, mais aussi le record de bugs dans un jeu vidéo, et ce pour longtemps encore.

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The Elder Scrolls IV : Oblivion, Xbox 360, 2006.

La bible des pires bugsMoins provocateur que GTA, mais beaucoup plus ambitieux, Oblivion est un RPG proposant une liberté inédite. Si l’environnement est un peu plus vaste que GTA avec 40 km2, c’est surtout la quantité impressionnante de Personnages Non Jouables (1.500 PNJ) et de quêtes offertes (50 heures de dialogues parlés) qui font la force du jeu. Ce travail de fourmi est malheureusement entaché de bugs en tous genres. Personnellement, j’aime bien le passage où un type git raide mort sur le rebord d’un château. Le type tombe au ralenti dans le vide… avant de remonter à vitesse grand V, bien vivant, et avec l’envie d’en découdre ! J’aime bien aussi celui dans lequel un personnage nage… en l’air ! Ou celui où le héros tient une torche… sous l’eau ! Pour un univers où le plus insignifiant des insectes a un nom et une histoire crédible, ça la fout mal !

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Gears of War, Xbox 360, 2006.

La bible des pires bugsHalo nous avait habitués à des cascades de véhicules plutôt drôles, mais là ça dépasse tout ce qu’on a pu voir. Gears of War, grosse production Microsoft en tant que jeu phare de la Xbox 360, est victime d’un bug immanquable. Comment les testeurs ont-ils pu louper ça ??? Une voiture fait une séance de spiritisme et se met à partir en vrille. Le moteur physique réussit des prouesses !

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Manhunt 2, PS2, 2008.

La bible des pires bugsLes deux épisodes ont marqué le jeu vidéo. Jamais on avait été si loin dans la subversion, et dans le racolage aussi, hélas. Les jeux battent de surcroît des records du nombre de bugs… Devinez qui a développé les jeux ? Rockstar ! Le moteur graphique de Manhunt 2 date de 2003. Si on pardonne aisément les personnages anguleux et les décors vides, on crie à l’infamie face à une IA aussi déplorable. Où sont passés le suspens et la peur au ventre quand les « chasseurs » se font matraquer à coup de batte de baseball et se relèvent, comme si de rien n’était. Certains exécutent la danse de Saint Guy et se balancent tout seul contre les murs dans un mouvement perpétuel. D’autres dansent de la country, les pieds en l’air... A tout ceux qui ont condamné le jeu à la censure pour son « réalisme », je leur demande d’essayer Manhunt 2 cinq petites minutes. Vous vous rendrez compte à quel point on peut tomber à côté de la plaque quand on parle de chose dont on ne connaît pas.

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PES 2010, Xbox 360, 2009.

La bible des pires bugsHaaa… l’éternel dilemme saisonnier : PES ou FIFA ? Dans cette vidéo du dernier PES, la réponse est vite trouvée. Le gardien se lance au ralenti dans les pieds de l’attaquant, dans un effort olympien. On s’attend presque à entendre la musique de la vieille pub "Royal Canin". On voit un superbe arrêt, on respire. Puis l’impensable arrive ! Le ballon reprend sa course folle... à travers le gardien ! Et c’est le buuut. Voilà un geste technique que l’on a hâte de voir sur le terrain. A quand les ballons équipés de foreuses ? Vite, la coupe du monde a commencé !

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Tekken 6, PS3, 2009.

La bible des pires bugsLa série de jeux de combat a fait les beaux jours de Sony. Tekken se démarquait par son nombre conséquent de personnages (et du coup, par la grande diversité des styles de combat). Virtua Fighter (Sega) remportait la palme de la technicité des combats, et Dead or Alive (Tecmo) celle de la beauté graphique. Pour le reste, le principe était le même : des combats dans une arène en 3D. La nouveauté de ce 6ème opus réside dans les stages multi plateformes. On peut désormais faire passer les adversaires à travers les murs ou le sol. Sauf que cette vidéo montre tout l’inverse : les combattants semblent très à l’aise à 10m au-dessus du sol ! Est-ce un mode « Super Saïyen » (Dragon Ball) ? Non, les protagonistes ne volent pas : ils glissent sur les nuages de fumée comme sur du gazon. Cela dit, le décor tout en flammes est magnifique. Cet impayable bug permet d’en visiter les moindres recoins.

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Super Mario Galaxy 2, Wii, 2010.

La bible des pires bugsLadies & Gentlemen, je décerne très officiellement la "palme du bug 2010" à… (roulements de tambour) Super Mario Galaxy 2 ! En passant du vaisseau des Toads à la planète Mario, la console a oublié de désactiver la langue de Yoshi. Résultat : des kilomètres de langue bien baveuse ! Merci à Yah d’avoir déniché cette incroyable perle.

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Platon21 le 11/8/2011