Test de Super Mario Galaxy 2 sur Nintendo Wii

Super Mario Galaxy a provoqué un émoi à la hauteur de la mascotte de Nintendo. A peine a-t-on eut le temps de savourer le jeu que débarque la suite ! Que faut-il attendre d’un Mario développé en deux ans et demi ? Réponse dans notre test.

La genèse d’une Révolution

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiMario révolutionne l’arcade en 1981 (Donkey Kong), la plateforme 2D en 1985 (Supe Mario Bros.), puis la plateforme 3D en 1996 (Super Mario 64). Devenu la mascotte de Nintendo, Mario est le garant du succès des consoles qui l’accueillent. L’ère GameCube (2002-2006) est marquée par un manque : pour la première fois, Mario est absent au lancement d’une console Nintendo. En vérité, la suite de Super Mario 64 baptisée Super Mario 128, était développée depuis 1997 par Shigeru Miyamoto. Mais le développement, particulièrement long et couteux, rappelle à Nintendo le désastre financier de Super Mario Fx sur SNES (au début des années 1990, Nintendo voulait sortir un jeu en 3D avant son rival, Sega. La réalisation se transforma en un enfer de cinq longues années pour S. Miyamoto, car la SNES était loin de pouvoir accoucher d’un tel prodige). Si Super Mario 64 a entre-temps redoré le blason de S. Miyamoto, voilà que sa suite le fait replonger dans une succession de défis techniques qui avale les Yen sans garantie d’en faire rentrer. Sans compter que, pendant ce temps, nombre de jeux sont développés sans l’aide de S. Miyamoto, comme le mièvre Luigi's Mansion. Le syndrome Super Mario Fx étant encore frais, Nintendo décida, au grand désespoir de S. Miyamoto, d’annuler Super Mario 128 et de lancer à la place Super Mario Sunshine. Mais ce jeu n'est pas le digne héritier de ses prédécesseurs. L’utilisation de la pompe à eau est considérée comme un artifice qui ne fait pas long feu. Super Mario Sunshine ne marque aucun tournant dans l'histoire du jeu vidéo, c'est juste un jeu de plate-formes 3D dans un décor festif. Après les coups de massue que Mario a assenée à l’industrie, le voilà devenu inoffensif. Pourquoi un si long détour sur les errements de Nintendo et de S. Miyamoto en particulier ? Parce que le génie n’a pas lâché le morceau ! La VIDEO présentant Super Mario 128 au Nintendo Space World en 2000 ne vous rappelle rien ? 128 Mario à contrôler : l’idée de gameplay sera reprise dans les Pikmin en 2001. Mais plus important, Mario évolue sur une surface sphérique, ce qui nous amène droit aux planètes de Super Mario Galaxy. Il aura fallu attendre dix ans pour que le projet de S. Miyamoto soit enfin concrétisé.

Super Mario Galaxy 1.5

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiPas de suspens : l’introduction de Super Mario Galaxy 2 ressemble à s’y méprendre à celle du premier volet. Faisons l’économie du sempiternel enlèvement de la princesse Peach par Bowser. Graphismes, gameplay, ambiance, musique… à quelques notes près, on se croirait devant le premier SMG. Hé non ! Mais alors pourquoi diable Mario ne reconnaît-il pas les Lumas, ces étoiles pleurnicheuses qu’il s’est déjà évertué à rassembler ? Il aurait pourtant été simple que la console puisse par exemple identifier une sauvegarde du premier SMG et épargner au gamer des dialogues superflus. On dirait que Nintendo a repris les mêmes personnages et les mêmes lieux pour mieux les redistribuer. Si bien qu’on a plutôt l’impression d’être devant une version « 1.5 » du jeu que « 2.0 », puisqu’il n’y a ni saut graphique ni suite scénaristique. La carte du monde a été repensée, mais un peu à la baisse. Le complexe observatoire d'Harmonie fait place à une planète rigolote singeant la tête de Mario. La petite planète abrite de plus en plus d’habitants au fil de votre progression. Parmi ceux-ci, un sympathique Toad se charge de garder vos fragments d’étoile, en vue de les transférer suivant vos sauvegardes disponibles. Un atout de taille quand on connait les quantités astronomiques qu’engloutissent certains Lumas pour débloquer de nouvelles zones de jeu. On a vite fait le tour de la planète Mario. Si bien qu’on lit de temps en temps son courrier pour recevoir une poignée de fragments d’étoile ou un 1UP supplémentaire, mais on a qu’une envie : faire foncer la planète-vaisseau vers de nouvelles galaxies. On est un peu déçu par le tracé simpliste du chemin qui s’offre à nous, surtout en comparaison de la carte du monde du premier SMG.

Plus beau que moi, tu meurs ?

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiA sa sortie, SMG était présenté comme le fer de lance contre l’offensive HD. Difficile de faire le même constat en 2010. Le premier SMG avait su nous éblouir parce qu’il révélait aux yeux de tous le potentiel graphique insoupçonné de la Wii. Longtemps l’étiquette « GameCube » (2001) était accolée à la Wii, alors qu’elle dispose du double de puissance. Cependant, les limites techniques étant désormais atteintes, SMG 2 n’arrache la place du « plus beau jeu de la console » que d’un cheveu. Certains décors sont plus loufoques que le premier SMG (ce qui relève de l’exploit), d’autres arrachent même des "Whaow" d'admiration. L'arrivée de Mario sur une planète jouit d'une fluidité exemplaire : il vole comme Superman, et on attrape à la hâte des fragments d'étoile. Les boss assurent le spectacle par leur taille impressionnante, mais trouver leur point faible n'est jamais bien compliqué. Les plus chagrins regretteront l’aspect « jouet en plastique » un peu trop prononcé des boss, ou des couleurs tape-à-l’œil pour cacher la pauvreté de certains arrière-plans du décor. Mais c’est surtout le premier SMG qui apporte le plus d’ombre au niveau graphique, tellement on a la franche impression de retourner dans ce dernier. C'est-à-dire en 2007… Et le prix de beauté sur Wii commence de sentir le pas frais, surtout au vu de la concurrence.

Plus fun, tu meurs ?

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiEst-ce que les gamers sur Wii sont inconsolables pour autant? Bien sur que non ! On est toujours sous le charme de la galerie des personnages habituels, de leurs cris attachants, des nouveaux pouvoirs tous plus rigolos les uns que les autres, du level-design diaboliquement efficace. Nintendo sait parfaitement doser le plaisir et l’irritation du gamer : les niveaux sont d’une facilité déconcertante… en apparence ! Un excès de confiance signifie souvent un faux pas, et c’est la chute dans un inévitable trou noir. Comme dans New Super Mario Bros. Wii, les checkpoints sont bien placé et une assistance style Super Guide apparaît lorsque Mario meurt fréquemment aux mêmes endroits. Du coup, Nintendo s’est lâché, et le jeu a gagné en difficulté. Vos yeux vous démangent, vos poignets surchauffent ? Et pourtant, parvenir à éteindre la console constitue un défi. Voilà indéniablement la preuve que les graphismes ne font pas tout. Hé oui, plus fun : tu meurs.

Un gameplay en béton

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiMario arpente de nouveau les planètes la tête en bas et joue avec la gravité. Ce qui constituait une rupture avec le gameplay habituel des anciens Mario va finir par devenir une habitude... Cette paresse est pardonnée : Nintendo ne va pas demander l'impossible à la Wiimote en termes de reconnaissance de mouvements. Il s'agit encore des mêmes actions : pointage sur l’écran et balayage pour récolter des fragments d’étoile, secousses brèves de l’accéléromètre pour envoyer des coups de poings tournoyants. Le second volet aurait tout de même pu innover en sortant le Wii Motion+ du placard. On dirige toujours Mario au Nunchuk, et la caméra se place la plupart du temps automatiquement dans notre dos pour éviter de fastidieux recadrages. Un choix idéal pour une aventure sans soucis d’ordres techniques, mais qui agace un peu lorsqu’on a envie de sortir du cadre imposé. La linéarité est cassée par quelques mini-jeux, mais là encore les ficelles sont connues : le passage sur la boule étoilée donne toujours autant envie de jeter la Wiimote par la fenêtre. A noter, les niveaux aquatiques sont aussi pénibles, avec un Mario qui préfère mourir noyé en passant dix fois à côté d’une bulle d’air. Mais ces petites frustrations ne sont rien comparées au plaisir de l’exploration et de la découverte des nouveaux pouvoirs. Passons sur les transformations (bien des vidéos de promotion étaient disponibles avant la sortie du jeu. Et je me suis strictement interdit d’en voir une seule avant d’ouvrir la boîte : à quoi bon se gâcher la fête ? Le principe de Mario, c’est une progression ponctuée de pouvoirs inédits et de mondes à déballer comme autant de cadeaux. Je tiens à conserver intacte la béatitude d’un Mario pris sous le coup d’une transformation). Néanmoins, je peux librement parler de la rencontre avec Yoshi, puisqu’il est fièrement affiché sur la jaquette. Sachez que lui aussi a droit a des transformations impromptues, mais ses capacités usuelles requiert de pointer l'écran pour viser les ennemis à avaler (avec sa langue de caméléon géant), leur cracher dessus des carapaces, ou bien de se balancer de fleur en fleur en se servant de sa langue comme d'un fouet, à la Indiana Jones. Que du bonheur.

A deux, c’est mieux ?

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiLe jeu à deux s’est sensiblement amélioré, même si depuis New Super Mario Bros. Wii, on était en droit de s’attendre à un mode multijoueurs de folie. Hélas, ni Luigi ni Toad ne pourront vous accompagner. Le deuxième joueur devra se contenter de pointer sa Wiimote à l’écran pour récolter ou tirer des fragments d’étoile, attraper des pièces pour redonner des vies, et surtout, étourdir les ennemis. Le temps de développement me parait une fois encore responsable du manque de profondeur du mode multi, qui n’en est toujours pas vraiment un. Mais le charme opère : difficile de rester bien longtemps spectateur d’une aventure spatiale aussi enjouée. Si dans un premier temps, le plaisir du multi est d'abord pour celui qui accompagne, les derniers niveaux nous font vite apprécier ses coups de pouce !

Une invasion de cadeaux

Super Mario Galaxy 2 - Nintendo WiiLa Wii détient le record de jeux de plateformes estampillés « Mario ». Cette surabondance bienveillante s’explique par la volonté de maintenir le gamer suffisamment en haleine pour ne pas qu’il cède aux sirènes des jeux et consoles HD. Il suffit de se remémorer les résolutions du président de Nintendo. En 2008, Satoru Iwata déclarait : « Si tous nos jeux répliquent des jeux comme Wii Sports ou Wii Fit, nos joueurs se lasseront rapidement ». Le public casual étant déjà conquis bien au-delà des espérances initiales, le défi consiste désormais à raccrocher le wagon des core-gamers. Sous le coup de la crise en 2009, S. Iwata assumait : « Je pense que le déclin actuel des ventes de consoles est dû au fait qu’il n’y a pas beaucoup de gros jeux pour le moment ». Pour conserver le monopole des gamers et vendre en masse des consoles, Nintendo appelle qui à la rescousse ? Mario. Et ça marche ! Le plaisir est à chaque fois renouvelé, que cela soit dans Super Paper Mario, Super Mario Galaxy ou New Super Mario Bros. Wii (sans compter le catalogue Virtual Console où croulent les Mario pur jus). A peine six petits mois séparent le tonitruant New Super Mario Bros. Wii du second épisode de SMG. Et pourtant, on en redemande !

Platon21 le 10/6/2010

Evaluation du jeu

Graphismes16/20

C'est le deuxième épisode ? Ha bon. Le moteur du jeu et le style graphique sont restés identiques au premier, mais qu'importe. La réalisation est très soignée, sans aucun bug à l'horizon. Les galaxies crient de vie, de mouvements, de couleurs... Et de boss gigantesques, mais drôles de crétinerie.

Son17/20

La musique contribue fortement à la mise en place de l'ambiance, tantôt apaisante ou vivifiante. On savoure les thèmes fidèles aux premiers épisodes, mais c'est surtout les cris de circonstance qui nous font vibrer : que cela soit Yoshi qui vole ou Mario et ses trois bonds d'affilée, comment ne pas craquer ?

Durée de vie19/20

M'raaaaaaah ! C'est le cri de guerre du testeur qui doit faire une pause pour rédiger son article. Il vous faudra rassembler 70 étoiles pour terminer une première fois le jeu. Mais ce n'est qu'un avant-goût, car 50 étoiles bonus vous attendent. Entre les Lumas (qui vous spolient vous fragments d'étoile) et la chasse aux médailles comète (des défis proprement infernaux de difficulté), impossible de lâcher le jeu. Oui mais, le premier Super Mario Galaxy comprenait déjà 120 étoiles. Hé bien, le second vous en propose 120 de plus ! De couleur verte, ces nouvelles étoiles vous donneront bien du fil à retordre.

Jouabilité19/20

Curieusement, un DVD bonus nous montre les bases du gameplay. Mais pour les habitués, la Wiimote est exploitée pratiquement à l'identique du premier volet. On ne s'en plaindra pas, tant diriger Mario nous procure du bonheur. Excepté pour les phases aquatiques qui sont toujours aussi laborieuses... Une fois débloqué, Luigi saute un peu plus haut et glisse plus longtemps que Mario.

Scénario--/20

Verdict

+ Superbe réalisation
+ Plus dur et plus long
+ Du fun non-stop
+ Yoshi et les transformations
+ L'ambiance punchy

- Super Mario Galaxy 1.5

Excellent

18/20

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Super Mario Galaxy 2

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