La bible des pires jaquettes

Attention ! Cette zone est interdite au moins de 16 ans. Mais vous qui ne résistez pas à l'appel de l'interdit... Approchez... Entrez dans le musée des horreurs ! Venez voir les moutons à cinq pattes et les femmes à barbe du jeu vidéo. La laideur et le comique involontaire de ces réalisations lamentables hanteront longtemps votre mémoire. Mais assez parler ! Débutons la vivisection, des mochetés les plus vieilles aux plus récentes. A vous ensuite de voter pour élire la jaquette la plus laide dans le forum dédié.

Custer's Revenge, Atari 2600, 1982.

La bible des pires jaquettesHonneur aux anciens pour débuter, avec le jeu vidéo le plus honteux de tous les temps : Custer's Revenge. Comment oublier cette jaquette immonde ? Elle a le culot de résumer l’intégralité du jeu : la vengeance du général George Armstrong Custer. Ce général a réellement existé, il est resté célèbre pour avoir massacré 10 ans durant le peuple Cheyenne aux Etats-Unis. Ce fumier est mort au combat en 1876. Le jeu vous propose de le venger, ce qui consiste à violer une jeune indienne attachée à un cactus. La palme de la jaquette la plus abjecte, pour un jeu qui l'est tout autant, voire plus. En effet, la jaquette nous gratifie du cul poilu du général, tandis que dans le jeu, c'est carrément l'exhibition totale avec une bistouquette longue de 3 pixels roses.

Donkey Kong, Atari 2600, 1982.

La bible des pires jaquettesCherchez bien Mario et Donkey Kong, je crois bien qu'ils se cachent quelque part entre le clown à maillet et le crapaud punk orange. A moins qu'ils ne soient tapis sous la boîte du crapaud bleu ? Peut-être que Nintendo s'est trompé de jaquette lors de l'envoi du jeu. Que dire de plus, si ce n'est que Donkey Kong remporte la palme du hors sujet ? On ne saura donc jamais quel était ce jeu magique dans lequel un clown gravissait une échelle tout en évitant une pluie de grenouilles à foreuse intégrée...

Bomberman, Turbografx, 1983.

La bible des pires jaquettesPremière star du jeu vidéo à être massacrée en peinture, Bomberman. Lorsqu’on est habitué depuis des lustres au look cartoon du personnage, la jaquette misant sur le réalisme a de quoi dérouter. Le pire reste son infâme armure, composée de plastique Playmobil rouge pour le buste, et de cotte de maille moyenâgeuse pour les bras et les jambes. Le casque est assez énigmatique, avec son téton très seyant. Et regardez-moi cette posture : Bomberman est sensé nous jeter une bombe à la figure. Au lieu de cela, on dirait qu'il tend la main au ciel pour attraper une feuille de PQ, avec son regard contrit sous la constipation. Ses pets enflammés provoquent des ravages dans le décor en arrière-plan. Le salut vient en traître, puisqu'un Playmobil bleu va lui balancer une bombe dessus, et soulager ainsi ses souffrances intestinales. Médaille de bronze de la star massacrée.

Clu Clu Land, NES, 1984.

La bible des pires jaquettesAvec un nom pareil et une jaquette qui fait dans l'art abstrait, autant vous dire qu'il est difficile d'imaginer à quoi ressemble le jeu. Clu Clu Land, Clu Clu... Attendez, est-ce le monde de « Cucul-La-Praline » ? Ou bien une résurgence du Ku Klux Klan ? En tous les cas, on perçoit sur la jaquette une espèce de ballon rouge, heureux de porter une Stielhandgranate (grenade à manche nazie) dans chaque main. On compatit pour lui et sa palme du gribouillis.

Alex Kidd in Miracle Worlds, Master System, 1986.

La bible des pires jaquettesAlex Kidd in Miracle World constituait la réponse à Mario (avant Sonic). Sega y croyait tellement qu’Alex Kidd était à l'époque directement inclus dans la mémoire de la Master System. La jaquette résume bien l'état d'esprit du jeu : Alex Kidd s’adresse à des gamins qui ont envie de donner des pêches aux méchants, sans se poser de questions. C’est toute une époque qui revient : admirez ce dessin d'enfant sensé illustré Alex Kidd sur un cahier d’écolier. Tous les jaquettes de jeux Master System avaient droit au même design : des dessins enfantins aussi excitants que cet exemplaire. Hé oui, il fut un temps où Sega bâclait méchamment le packaging. Les jeux ne pouvaient alors compter que sur leurs qualités intrinsèques. Médaille d'argent de la star massacrée.

Black Belt, Master Sytem, 1986.

La bible des pires jaquettesUne rechute sur Master System, et ses fameux dessins sur fond de cahiers scolaires. Mais d’où sort ce pied ? Nul ne le sait… On dirait que le pied frappe la jaquette elle-même, sans doute pris de rage d’apparaitre sur Black Belt. Moi, j’aimerai bien en avoir un comme ça. Un pied qui fait des étincelles et des étoiles, ça peut être pratique pour animer une soirée. La palme du « Parle à mon pied, ma tête est malade ».

Blood 'n Guts, Commodore 64, 1986.

La bible des pires jaquettesBlood 'n Guts, traduisez par « Du sang et des couilles », voilà un jeu qui annonce la couleur ! Et ils ont l'air d'en avoir dans le slip léopard, ces trois rois mages. Gaspard, allez savoir pourquoi, est en train d'écraser la queue du chat de la mère Michelle. Que va faire ce Boys Band au pauvre matou ? Melchior nous donne un indice, la cervoise dans sa corne d'aurochs pouvant servir de vaseline au bâton bien raide de Balthazar. Ce dernier assume pleinement son homosexualité, avec ses jolies petites ballerines et sa cape rose. La palme de la burne-attitude.

Megaman, NES, 1987.

La bible des pires jaquettesAttention, chef d’œuvre de 1987 ! Capcom a dû embaucher le même dessinateur œuvrant sur Blood 'n Guts. On reconnaît tout de suite son sens des proportions (avec des palmiers plus gros que les villes), ses choix harmonieux de gammes chromatiques, et son grand respect des œuvres originales. Voilà le légendaire Megaman, dessiné en quatre minutes chrono aux crayons de couleurs dans une improbable position de Sumo (il écarte à fond les jambes et serre ses petits poings). On comprend mieux ce qu'il fait grâce à sa combinaison piquée à Jacques Villeret dans la Soupe aux choux : il pousse un caddie virtuel sur la planète Oxo. On le laisse, car il en est seulement à la moitié de sa liste de courses. Médaille d'or de la star massacrée.

Volleyball Simulator, Commodore 64, 1987.

La bible des pires jaquettesVolleyball Simulator... Déjà, une simulation de volley en jeu vidéo, ce n'est pas courant, mais alors avec une jaquette pareille, c'est du collector. Il m'a fallu un bon quart d'heure pour bien comprendre qui fait quoi. Au premier plan, nous avons une bande d'ectoplasmes translucides, genre spectres de SOS Fantômes. Ces êtres visqueux en short moulant semblent ravis de faire le ménage. La preuve : ils sautent sur une planche à repasser bleue. Au second plan, nous avons Jackie Chan en train de griller sur une chaise électrique. Des éclairs sortent partout de son corps, on l'entend hurler : « Nooon, pas de Rush Hour 4 ! ». On a mal pour lui. La palme de la torture.

Galaga, NES, 1987

La bible des pires jaquettesOuah ! Il y a une grosse mite dans le chocolat blanc. Nestlé a décidé de mettre au goût du jour la guerre bactériologique et des maladies autrement plus variées que la grippe A : peste, anthrax, dysenterie, typhus, typhoïde, paratyphoïde, choléra, botulisme, brucellose, gangrène gazeuse, morve, grippe, méningite cérébro-spinale, salmonellose, variole, tétanos, encéphalite, tuberculose, tularémie, fièvre hémorragique. Les agents propagateurs de ces joyeusetés sont des mites géantes qui crient Galaga ! lorsqu'un humain ouvre une boîte de chocolat. La palme du terrorisme culinaire.

Pro Wrestling, Master Sytem, 1987.

La bible des pires jaquettesPerplexe. Je demeure cois face à la jaquette de Pro Wrestling. L'auteur a t-il voulu faire un tour de force artistique ? On peut y voir la marque d'une volonté lucide et autodestructrice : le catcheur s'étant dévissé la tête pour étouffer le seul muscle atrophié, son cerveau. Ou bien est-ce vraiment un gribouillis sur le coin d'un cahier d'enfant ? On ne saura jamais ! La palme kafkaïenne.

Megaman 2, NES, 1988.

La bible des pires jaquettesMegaman, le retour du dessinateur paralytique. Pour la suite, l'artiste a décidé d'exprimer librement sa passion. Admirez le bronzage et les muscles boudinés de notre héros en combinaison Power Ranger. Et ce slip ! Non mais, matez-moi ce slip bleu géant, qui rendrait jaloux Superman. Notre pauvre héros est bien mal fagoté. On ne peut même pas lui crier : « Mon dieu, sauve-toi d'ici ! ». La seule issue est en effet une échelle descendant droit dans la lave. La palme de la logique.

Anticipation, NES, 1988.

La bible des pires jaquettesAnticipation porte bien son nom. Cette jaquette a des années-lumière d'avance sur le packaging d'aujourd'hui, c'est dire. Comme l'indique le slogan, c'est le premier « jeu de société virtuel » de Nintendo, bien avant les Mario Party. Et on peut dire que cela donne envie, regardez : on a le casting du Club Dorothée et les Musclés réunis au complet. La partie peut commencer sur fond de « C'est la fête au village » ! La palme de la jaquette photogénique.

Zanac, NES, 1988.

La bible des pires jaquettesTiens, il faut carrément être sous antidépresseurs pour comprendre la jaquette du jeu ? Attention aux effets secondaires, Zanac vous emmène loin. Il est nécessaire d'envisager une surveillance médicale stricte durant une à trois semaines selon les individus. Étant donné que les benzodiazépines passent dans le lait maternel, ce médicament est déconseillé durant l'allaitement. La palme de la posologie.

Dragon Power, NES, 1988.

La bible des pires jaquettesQue viennent faire les boules de cristal et le dragon Shenron ici ? Après vérification, il s'avère que Dragon Power est le nom américain de Dragon Ball : Le Secret du Dragon (Doragon Bōru : Shenron no Nazo). Mais alors dans ce cas, où est passé Son Goku ? A la place, on a David Carradine sorti tout droit de la série Kung Fu. Au passage, on peut observer ses multiples malformations congénitales : une jambe à moitié plus courte que l'autre, et des mains à la place des pieds. La palme de l'handicapé moteur.

Desert Commander, NES, 1989.

La bible des pires jaquettesJe tiens personnellement à saluer le travail de l'artiste sur Desert Commander. Il fallait oser. Dessiner Louis de Funès avec son casque nazi de « La grande vadrouille » en train de faire des ronds dans le sable. Ça à l'air vraiment très intéressant comme jeu. Et pourquoi le maréchal des logis Cruchot a-t-il deux fléchettes plantées au sommet du crâne ? Pardon, ce sont des avions. La palme de la French Touch.

Isolated Warrior, NES, 1990.

La bible des pires jaquettesHa, je mets Isolated Warrior en haut du panier. Et c'est mérité : imaginez Xéna la guerrière en panoplie de Power Ranger rose. Son passe-temps favori consiste à marcher sur l'eau tel l'enfant divin. Elle dégomme aussi les cornes des framboises vertes à vulve blanchâtre. Les créatifs ont poussé le vice jusqu'a coller un texte de trois lignes rouges en travers du dessin. Voilà ce qu'on appelle la palme du gâchis.

Bubble Bath Babes, NES, 1991.

La bible des pires jaquettesBubble Bath Babes réunit trois mannequins découpés dans un catalogue de la Redoute 1990 et recollés dans un cahier de coloriage. Trois statues grecques ne peuvent rester de marbre devant ce bain de mousse, ils participent donc a une séance d'onanisme collectif avec le soleil en personne. Passés la crise de larmes et le gros fou rire à la vue de la jaquette, on s'interroge. Comment Nintendo, à l'époque ultraconservateur et moralisateur, a-t-il pu accepter sur NES un jeu dont le principal intérêt est le voyeurisme ? La palme de l'hypocrisie.

Dynamite Duke, Megadrive, 1991.

La bible des pires jaquettesDynamite Duke sort en pleine « Rambo-mania ». Et cela se voit ! Ce type en treillis à la limite de l’apoplexie avec sa mitraillette en plastique à de quoi faire peur. Mais à bien y regarder de plus près, je le connais moi, ce gros bœuf... Ne serait-ce pas Steven Seagal marchant sur les pas de son mentor, Sylvester Stallone ? Steven mérite haut la main sa palme du bidasse.

Cowboy Kid, NES, 1992.

La bible des pires jaquettesLe nom du jeu atteint déjà à lui tout seul des sommets de ridicule ! Regardez-moi cette jaquette virile. Certes, les relations entre l’américain et l’indien ont l’air plus pacifiques que sur la jaquette de Custer's Revenge. Ils sont même trop proches dans Cowboy Kid : on les croirait sorti du clip « YMCA » des Village People, avec la moustache à la Freddy Mercury du cowboy et le torse huilé de l’indien. Il ne manque plus que l’ouvrier, le soldat, le flic et le compte est bon. La palme de la gay-attitude.

Super Street Fighter 2 Turbo, Amiga CD32, 1996.

La bible des pires jaquettesSi Super Street Fighter 2 Turbo représente la quintessence du jeu de combat, sa jaquette est tout simplement ratée. Où sont passés Ken et Ryu, les deux mascottes ? A la place, Capcom a choisi de respecter les quotas de minorités visibles. On a l'indien T. Hawk, en train de chanter l'Internationale le poing levé au ciel. Deux femmes, Cammy et Chun-Li (ne me demandez pas ce que l'une vient faire dans le fond, et l'autre en l’air, a part se ridiculiser ?). Un black, Dee Jay, qui accumule tous les stéréotypes : il a le rythme dans la peau et sourit tout le temps. Le cousin irlandais de Hulk, Blanka, s'aère les dessous de bras dans une pose Narta Fraîcheur. Le démon Akuma semble très heureux de participer à cette réunion de famille de la classe ouvrière du jeu vidéo. La palme du « Prolétaires de toutes les galaxies, unissez vous ! ».

Resident Evil, PS1, 1996.

La bible des pires jaquettesLoin des combats pixellisés, la PS1 se bat vaillamment avec les polygones de Resident Evil. La jaquette est assez désopilante, mais l’intention initiale était sans doute d'évoquer la frousse. C'est raté : elle provoque (au mieux) l’incompréhension. On y voit en effet un militaire complètement terrorisé par son environnement. Le raisonnement logique voudrait que si un type surarmé comme lui a peur, des types normaux comme nous devrions nous faire dans la culotte. C’est bien ce qu'il se passe, mais de rire ! Regardez le plafond du manoir, couvert de clones d’araignées et de crânes. Tout est tellement mélangé avec des effets de fondu et de transparence, qu'on ne distingue plus rien. Une jaquette à jamais incomprise ? En tous cas, la palme du « Où est Charlie ? ».

Krazy Ivan, PS1, 1996.

La bible des pires jaquettesL'étoile et le nom font penser à un jeu russe du temps de l'URSS. On ignore qui est ce Krazy Ivan, mais la jaquette à l'air bien malade. Ivan a un énorme kyste radioactif qui lui sort de l'œil. A moins que cela ne soit un mécha. Dans le doute, on lui prescrit la palme du psychédélisme.

Cabela's Big Game Hunter 2, PC, 1998.

La bible des pires jaquettesUne jaquette qui fait froid dans le dos, avec ses animaux et ses lettres dessinées en rouge sang. Les animaux sont plus sages que les hommes, redevenus sauvages lors d'exutoires vains et stupides. Cabela's Big Game Hunter 2 n'a qu'un seul mérite : pendant les parties de chasse virtuelle, les vrais animaux sont peinards. La palme de la nature morte.

Chu Chu Rocket, Dreamcast, 2000.

La bible des pires jaquettesVoyons voir. Un dessin vite fait sur un cahier d'écolier... Sega ? Gagné ! Et il s'agit du premier jeu Online sur console. La gratuité et l'avant-gardisme avaient un vice non caché : la jaquette ne ressemblait à rien ! Un énorme démon orange aux yeux défoncés au LSD hurle : Chu Chu Rocket. Que sont sensés faire les quatre taches blanches sur la gauche... Eviter le tampax rouge qui leur tombe dessus ? Autant de questions qui trouvent naturellement leurs réponses une fois le disque inséré, mais pas avant. La palme du grand mystère.

Virtual Kasparov, PS1, 2001.

La bible des pires jaquettesEnvie d’en découdre avec le génie des échecs ? La jaquette de Virtual Kasparov va freiner tout de suite vos ardeurs ! Visiblement, le génie est en pleine dépression : il se cogne la tête de chagrin contre le buste d’un cavalier en marbre haut de deux mètres. Sa colère est telle qu’il envoie en l’air des pièces d’échecs nucléaires contre les USA. Vous pouvez voir les ogives noires décoller sur un fond gris. La palme du « j’y jouerai pas ».

Platon21 le 16/5/2010