Test de Dragon Ball : Revenge of King Piccolo sur Nintendo Wii

Si le cri "Kaméhaméha" vous est familier, si vous n'êtes même pas étonné de voir des hommes se transformer en singes géants et se mettre des mandales, c'est que vous êtes un adepte de Dragon Ball. En marge de la série de jeux de combats Budokai (6 épisodes au total, dont 2 sur Wii), le développeur Media Vision met en scène aujourd'hui la jeunesse de Son Goku dans un jeu d'action / plate-forme : Revenge of King Piccolo. En avant pour le test de la version japonaise !

Le "Club" de 1987 à 1997

Dragon Ball : Revenge of King Piccolo - Nintendo WiiComme tous les gosses d’une dizaine d’années en 1987, je suis tombé un beau jour sur le Club Dorothée. Stupéfaction : les dessins animés étaient tous japonais et certains comportaient des scènes violentes ou sexy ! L’association moralisatrice Famille de France engagea une croisade contre TF1 qui aboutit à la censure drastique de Ken le survivant, Nicky Larson, Les Chevaliers du Zodiaque et Dragon Ball. Quoi, on m’aurait menti ? Hé oui, chers lecteurs trentenaires, tes dessins animés d’enfance étaient tronqués par TF1 « pour mieux te protéger » ! Revenge of King Piccolo respecte t-il l’impertinence et l'humour, marque de fabrique de l’œuvre d’Akira Toriyama ? Pas vraiment, on est loin des élucubrations de Tortue Géniale tant sur le plan du sexe (c’est un petit vieux obsédé par les nibards, adepte des magazines érotiques et des gros plans durant les émissions de fitness) ou sur le plan scatologique (Tortue Géniale, miniaturisé pour mater les filles, tombe dans les toilettes ; quand Bulma siffle, Oolong doit se précipiter aux toilettes à cause du bonbon « tsit »). Le jeu, classé Everyone 10+ (à partir de 10 ans), fait l’impasse sur ces « détails » pour se concentrer sur la lutte contre l'armée du Ruban Rouge, sur fond de chasse aux Dragon Ball. C'est un brin tristounet.

Moteur... Action !

Dragon Ball : Revenge of King Piccolo - Nintendo WiiCe Revenge of King Piccolo se veut le plus fédérateur possible et souhaite combler les attentes des trentenaires du Club Dorothée aux ados de la TNT. Du coup, point de coups spéciaux alambiqués ou d’exploration poussée : le jeu met en scène quelques décors et combats clé de la saga et... c'est tout ! On doit se passer de système d’évolution ou d’inventaire, éléments propres aux jeux de rôle. Son Goku nettoie les niveaux en éradiquant les sbires de l'armée du Ruban Rouge, et cela jusqu’aux Boss. Certains lieux exigent un peu plus de subtilité dans la progression, telle la descente de neige où il faut sauter au bon moment pour ne pas tomber, les robots volants à attraper pour grimper, les poissons à éviter lors de la ballade sur un tronc d’arbre dans l’eau, ou encore les blocs qui s’effondrent sous les pieds de Son Goku dans un certain ordre. Mais rien de bien tortueux, un enfant de dix ans est tout à fait capable de triompher des pièges de plate-forme sans mourir, ou presque. De toutes manières, au cas où Son Goku meurt, le jeu reprend directement grâce à un système de Continue infini. Comme vous l’aurez compris, Media Vision mise tout sur l’action sans prise de tête.

Action-Man

Dragon Ball : Revenge of King Piccolo - Nintendo WiiEt de l’action, il y en a dans Revenge of King Piccolo ! On dirige Son Goku au Nunchuk sur un axe en 2D qui rappelle le bon vieux temps des Beat'em all (Final Fight, Double Dragon, etc.). Pour passer les quelques obstacles mis sur la route, la vue de côté cède la place à une vue de dos. Les personnages réalisés en 3D (Cell-Shading) sont évidement fidèles au manga (surtout les Boss). Les couleurs flashy des environnements rappellent l'animé, mais c'est surtout le soin apporté aux personnages qui fait plaisir à voir : le niveau de détail est supérieur à Tenkaichi 3. Côté gameplay, le bouton A sert à donner des bourre-pif et des coups de bâton. Appuyer plusieurs fois de suite sur le même bouton permet de sortir un combo au sol ou en l’air. Le Kaméhaméha se déclenche tout bêtement avec la croix directionnelle de la Wiimote. Il faut toutefois veiller à ne pas vider trop vite la jauge de Ki, sans quoi Son Goku se retrouve débordé face aux meutes d’ennemis (hommes à têtes d'animaux, loups, robots, tanks etc.). D'ailleurs, il n'est pas possible de prendre la poudre d'escampette : le jeu exige de vaincre la totalité des adversaires à l'écran avant de débloquer la prochaine zone. Son Goku est aussi capable de porter un ennemi ou un objet pour le balancer sur les autres méchants. Cependant, cette dernière méthode s'avère peu offensive et fait plus perdre du temps qu'autre chose. On cible certains éléments du décor ou les missiles ennemis avec la touche Z du Nunchuk, mais cette manipulation s’avère délicate à effectuer dans le bon timing. On regrette que la Wiimote ne soit pas plus sollicitée : on la secoue comme un prunier lors de bêtes et rares séances de QTE, et à part ça, c'est le désert. La manette classique et le pad Gamecube sont compatibles, ce qui soulève plusieurs questions : le développeur Media Vision a-t-il compris que la Wii trouvait sa spécificité dans la reconnaissance des mouvements ? Spike l’avait exploitée dès 2007 avec Budokai Tenkaichi 3, pourquoi n’avoir pas pris en compte ce savoir-faire ?

Des bleus et des bosses

Dragon Ball : Revenge of King Piccolo - Nintendo WiiLes Cut-scenes présentant les Boss sont tout simplement magnifiques et bien mises en scène : c'est un régal pour les yeux. Sans trop vouloir Spoiler et vous gâcher ainsi le plaisir des rencontres, sachez que vous commencerez par affronter l'Ours borgne. Situation assez inattendue, mais qu'importe, avec un peu de jugeotte et le bon timing vous en viendrez vite à bout. Il est lent et presque tout le temps dans les vapes ! Vous parcourrez ensuite l'incontournable Muscle Tower (le QG du commandant White). Le sergent Metallic (A. Schwarzenegger période Terminator) attend Son Goku avec ses Fulguro-poing (Goldorak). Le sergent Murasaki est bien entendu aussi présent, et il s'avère coriace avec ses techniques secrètes de ninja : il se joue des "Kamhéméhas". Le cyborg C-8 (Frankenstein) est quand à lui toujours aussi gentil, et met rapidement fin aux agissements du commandant White. Buyon, le monstre rose au corps flasque, est insensible aux coups. Aussi il vous faudra faire preuve d'observation... Tao Pai Pai et Piccolo (Petit-Cœur) sont bien évidement du programme et relèvent un peu le challenge. En dire plus sur le contenu serait criminel, par contre les coupes dans le scénario agacent et la difficulté n'est pas vraiment au rendez-vous : on termine le mode solo en six heures. Revenge of King Piccolo propose également un mode "Championnat du monde" (Versus) qui a bien du mal à nous faire oublier le dernier Tenkaichi sur Wii. Passer de 150 combattants à 15, ça fait forcément mal. Le gameplay n'est pas non plus à la fête (à peine un léger mieux par rapport au mode Aventure), et il n'y a même pas de sortie de ring. La linéarité des niveaux, la répétitivité des coups et le mode Versus bâclé plombent clairement la durée de vie.

Platon21 le 26/9/2009

Evaluation du jeu

Graphismes15/20

Les cinématiques mettent le feu et la plastique des Boss est superbe. Les zoom et autres effets de mises en scène durant l'action apportent du dynamisme. Par contre, les décors sont vides et les sbires de l'armée du Ruban Rouge souffrent de clonage : on ne compte pas les kilos de mêmes types que Son Goku envoie au tapis. Les coups spéciaux sont flashy mais n'étonnent plus depuis Tenkaichi 3.

Son13/20

Si les bruitages et les voix ont la pêche, on est en revanche plus dubitatif question musique. C'est dommage : elle ne colle pas vraiment avec l'esprit de l'animé.

Durée de vie8/20

Revenge of King Piccolo se termine en six heures. Des coffres d'upgrade et des sacs de zennys sont à collecter durant les stages afin d'acheter des bonus, et un mode Versus vient rallonger la sauce. Ce mode est très pauvre comparé à Tenkaichi 3.

Jouabilité13/20

La faible palette de coups et la facilité déconcertante pour les sortir donnent au jeu un côté répétitif. L'interractivité avec les décors est réduite au strict minimum (destruction de caisses à la Street of Rage). Utiliser la Wiimote uniquement lors de "phases de hochet" est aussi dommageable. Tenkaichi 3 fait bien mieux dans le domaine gestuel !

Scénario14/20

Des coupes infâmes ça et là. On se doute que la saga gargantuesque n'est que difficlement transposable en jeu vidéo, mais on regrette tout de même l'abscence des références scato ou de fesse. Sinon, l'ensemble demeure très fidèle à l’œuvre d’Akira Toriyama.

Verdict

+ L'univers, imparable !
+ Revivre la jeunesse
de Son Goku
+ Des Boss d'enfer

- La jouabilité destinée
aux enfants de 10 ans
- Une durée de vie faiblarde
- La bande-son, un peu en retrait
- Le parti-pris
"politiquement correct"
et les coupes dans le
scénario

Bon

14/20

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